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Poésie

Archive for 29 août 2016

Leur absence aujourd’hui brûle nos yeux (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Les bêtes autrefois
s’arrêtaient dans les clairières
et demeuraient là longtemps
signes lumineux
sur des pavillons d’or.

Mesurées patientes
elles se sont retirées dans l’obscur
et leur absence aujourd’hui
brûle nos yeux.

(Jean-Paul Hameury)


Illustration

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Jamais (Henri Heine)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Ils m’ont tourmenté,
Ils m’ont fait enrager,
Les uns avec leur amour,
Les autres avec leur haine.

Ils ont empoisonné mon pain,
Versé du poison dans mon verre,
Les uns avec leur amour,
Les autres avec leur haine.

Mais celle qui plus que d’autres
Me causa tourment, colère et peine,
Ne m’a jamais haï,
Ne m’a jamais aimé.

(Henri Heine)

Illustration: Paul Delvaux

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Tant d’années (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Tant d’années sont tombées
en poudre sur les chemins.

Combien fidèle cependant
la mémoire
qui enfouit les images
dans les couches du coeur
où ne peut atteindre le temps.

Puissent aujourd’hui les eaux
monter jusqu’à ce coeur.

Le chemin n’est pas si long
qui conduit à la lisière où veillent
– étoiles des enfers –
immortelles et narcisses.

(Jean-Paul Hameury)

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Quand (Henri Heine)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Quand je vous ai dit mes souffrances,
Vous avez bâillé, sans me répondre;
Quand je les ai mises en vers élégants,
Vous m’avez fait de grands éloges.

(Henri Heine)

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LE MÊME ARC (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



LE MÊME ARC

Je dirais que je ne vois rien et que je ne sais pas.
Quelque chose est en suspens. L’heure en repos.
Je veux être vivant comme une blessure, comme un signe,
pas davantage que la rumeur d’une chose nue.
En ce moment rien n’est confus ni opaque.
Les labyrinthes sont tremblants, transparents.
On dirait que je traverse un jardin et que la vie entière
repose parmi les forces de la cendre
et l’éclat des flammes. Et je m’endors
en sentant la beauté et le temps, le même arc de lumière.

(António Ramos Rosa)

 

 

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L’enfant, lui (Bernard Perroy)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



L’un bouge et voyage
en évitant
les profondeurs de son coeur…

L’autre, tenu par les ravages
de la maladie,
va où l’événement le désinstalle,
l’immobilise…

Un autre encore
parcourt le monde entier
tout en sachant demeurer
dans le silence azuré de son coeur…

L’enfant, lui,
d’une bille,
accède à tous les rivages…

(Bernard Perroy)

Illustration

 

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L’HIVER DE LA FERMIÈRE (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



 

L’HIVER DE LA FERMIÈRE

I
S’il n’y avait de saisons que l’été,
Que les feuilles jamais ne tombent,
Avec le voeu de ne plus voir de ma fenêtre
Passer des mendiants affamés,
Et que les miséreux morts dans les vents de glace
Puissent se retrouver ici ;
Alors, celui qui était l’intime de mes yeux
Réchaufferait mon coeur ruiné !

II
Frêle, brave au labour à toute heure
Dans les tenailles du vent,
Il fut bridé par les froidures.
Maintenant le soc est rouillé.
Si, barbare, l’hiver congèle
Le souffle des tendres choses
Et de ce que j’aime il s’empare,
Ce que je déteste il m’apporte.

***

THE FARM-WOMAN’S WINTER

I
If seasons all were summers,
And leaves would never fall,
And hopping casement-comers
Were foodless not at all,
And fragile folk might be here
That white winds bid depart ;
Then one I used to see here
Would warm my wasted heart !

II
One frail, who, bravely tilling
Long hours in gripping gusts,
Was mastered by their chilling,
Andnow his ploughshare rusts.
So savage winter catches
The breath of limber things,
A ndwhat I love he snatches,
And what I love not, brings.

(Thomas Hardy)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

 

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LA RESPIRATION DE LA MER (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



LA RESPIRATION DE LA MER

Errantes les paroles, les fenêtres,
respiration à fleur de mer au creux de l’arche,
épaule immense et légère, l’espace entier
comme un seul corps où commence le vent.

(António Ramos Rosa)

Illustration: Edvard Munch

 

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Une tourterelle (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016




Une tourterelle, longtemps immobile
et songeuse sur une branche de tilleul,
s’envole brusquement,
comme saisie par une pensée si belle
qu’il lui faut tout de suite aller la dire à son ami.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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Nous nous faisons beaucoup de tort les uns les autres (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Nous nous faisons beaucoup de tort les uns les autres
et puis un jour nous mourons.

(Christian Bobin)

 

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