Arbrealettres

Poésie

L’HIVER DE LA FERMIÈRE (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



 

L’HIVER DE LA FERMIÈRE

I
S’il n’y avait de saisons que l’été,
Que les feuilles jamais ne tombent,
Avec le voeu de ne plus voir de ma fenêtre
Passer des mendiants affamés,
Et que les miséreux morts dans les vents de glace
Puissent se retrouver ici ;
Alors, celui qui était l’intime de mes yeux
Réchaufferait mon coeur ruiné !

II
Frêle, brave au labour à toute heure
Dans les tenailles du vent,
Il fut bridé par les froidures.
Maintenant le soc est rouillé.
Si, barbare, l’hiver congèle
Le souffle des tendres choses
Et de ce que j’aime il s’empare,
Ce que je déteste il m’apporte.

***

THE FARM-WOMAN’S WINTER

I
If seasons all were summers,
And leaves would never fall,
And hopping casement-comers
Were foodless not at all,
And fragile folk might be here
That white winds bid depart ;
Then one I used to see here
Would warm my wasted heart !

II
One frail, who, bravely tilling
Long hours in gripping gusts,
Was mastered by their chilling,
Andnow his ploughshare rusts.
So savage winter catches
The breath of limber things,
A ndwhat I love he snatches,
And what I love not, brings.

(Thomas Hardy)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

 

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