Arbrealettres

Poésie

Le vase (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2016



L’ivoire est ciselé d’une main fine et telle
Que l’on voit les forêts de Colchide et Jason
Et Médée aux grands yeux magiques. La Toison
Repose, étincelante, au sommet d’une stèle.

Auprès d’eux est couché le Nil, source immortelle
Des fleuves, et, plus loin, ivres du doux poison,
Les Bacchantes, d’un pampre à l’ample frondaison,
Enguirlandent le joug des taureaux qu’on dételle.

Au-dessous, c’est un choc hurlant de cavaliers ;
Puis les héros rentrant morts sur leurs boucliers
Et les vieillards plaintifs et les larmes des mères.

Enfin, en forme d’anse arrondissant leurs flancs
Et posant aux deux bords leurs seins fermes et blancs,
Dans le vase sans fond s’abreuvent des Chimères.

(José-Maria de Hérédia)

2 Réponses vers “Le vase (José-Maria de Hérédia)”

  1. 1) Amphore du druide
    ———-

    Dans l’amphore fermente une potion nouvelle,
    On y trouve du miel et des fruits de saison;
    N’en bois pas trop souvent, ni plus que de raison,
    Ton coeur se briserait ainsi qu’une urne frêle.

    En ne dépassant point ta dose habituelle,
    Tu pourras sans ennuis rejoindre ta maison ;
    Le druide pour la route offre des salaisons
    Que tu vas grignoter tout au long des ruelles.

    À la sobriété, si tu sais te plier,
    De merveilleux sonnets tu pourras publier ;
    Ou, si tu l’aimes mieux, de la prose ordinaire :

    Du vieux sorcier gaulois nous avons d’autres plans ;
    Un cerveau prolifique est sous ses cheveux blancs,

    2) Heredia voit des chimères
    ———-

    Dans le jardin du barde, à la saison nouvelle,
    Est un grand vase orné d’une combinaison
    De signes, de portraits, de monstres à foison ;
    Le barde s’en protège au moyen d’une stèle.

    Ce vase est imprégné d’une puissance telle
    Qu’au lieu de le garder auprès de sa maison,
    Le mage l’a posé loin, sous les frondaisons.
    Il est dit qu’à la fin d’une guerre cruelle

    Il fut porté ici par douze cavaliers.
    Ce que les gens ont tous fini par oublier,
    C’est qu’il a un pouvoir bien extraordinaire :

    Car quiconque parvient à plonger dans ses flancs
    Pénètre en un tunnel baigné d’un éclat blanc
    Et finit par sortir au pays des chimères.

  2. Amphore du barde
    ————

    La belle amphore, à peine utilisée,
    D’aise a comblé notre barde adoré ;
    Ce récipient richement décoré,
    Il lui consacre une ode improvisée.

    En évidence elle fut disposée,
    Son donateur en est fort honoré ;
    Le soleil luit sur ses motifs dorés,
    L’ombre s’étend sur la face opposée.

    Une potion qui rafraîchit le corps
    Inspire au barde un merveilleux accord,
    Qui du plus haut des cieux semble descendre.

    Le noble chef en oublie ses tourments,
    Il se délecte en ce qu’il vient d’entendre ;
    Il dit au barde « Ici tout est charmant ».

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