Arbrealettres

Poésie

PUDEUR (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



PUDEUR

I.

Vous et moi, devant la face bleue de safre
De cette féerique après-midi,

Les mots restent noués, immobiles
Dans nos gorges d’adolescents émus.

Tout orange, le temps coule délicatement
A nos pieds,
Murmure, chuchote, rit, se tait,

Une rose fraîcheur tombe sur nos épaules
Prises dans les fines dentelles de la pudeur.

Tremblants, nous ne savons que faire
Des rêves enfermés dans nos mains.

II.

Fermons nos yeux, laissons le mystère du silence
Révéler au jour, dans la langue des dieux,
L’innocente poésie de nos âmes.

Que le soleil pur à la lumière d’or
Frôle nos cils
Pour rendre plus profonds nos regards !

Que les fioles des heures, pleines de couleurs,
Irisent et enluminent nos vies !

Ecoutons les chants que tissent
Avec tant de passion rouge
Les fleurs des lauriers-roses
Et les ailes joyeuses des oiseaux.

III.

Ainsi, avec les doux bruits de l’air
Et des herbes, à l’ombre des allées ouvertes sur l’infini,
S’écrit le livre essentiel de chaque cœur.

Ah, tous ces mots tus
Qui disent si clairement et avec tant de précision,
L’invisible désormais, l’impalpable empire
De l’amour.

***

PUDOR

I

Tu y yo, delante del rostro azul de safre
de esta tarde mágica.

Las palabras quedan anudadas, inmóviles
en nuestras gargantas de adolescentes conmovidos.

Aloque, el tiempo se hunde delicadamente
a nuestros pies,
murmura,, susurra , ríe, calla.

Una rosa fresca cae sobre nuestros hombros
asidos en los finos encajes del pudor.

Temblorosos, no sabemos que hacer,
los sueños se aprisionan en nuestras manos.

II

Cerremos nuestros ojos, dejemos el misterio del silencio
revelar al día, en la lengua de los dioses,
La poesía inocente de nuestras almas.

¡ Que el sol puro a la luz de oro
roce con nuestras pestañas
haciendo más profundas nuestras miradas!

¡ Qué los frascos de las horas, plenos de colores,
irisen e iluminen nuestras vidas!

Escuchemos los cantos que tejan
con tanta pasión roja
las flores de las adelfas
y las alegres alas de las aves.

III.

Así, con el dulce sonido del aire
yde las hierbas, a la sombra de las alamedas abiertas sobre el infinito,
se escribe el libro esencial de cada corazón.

Oh, todas estas palabras calladas
que dicen tan claramente y con tanta precisión,
el invisible, impalpable imperio
del amor.

(Juana de Ibarbourou)

Illustration: Fabienne Contat

 

2 Réponses to “PUDEUR (Juana de Ibarbourou)”

  1. Dans ce texte, j’ai au moins l’impression de me baigner dans ce que l’on peut appeler de la poésie riche en sentiments et en images ou bien je n’ai rien compris à ce que devrait être cet art qu’on voudrait réduire à une stérile abstraction soit disant intellectuelle qui nous em…nuie

    • arbrealettres said

      non non pour moi pas de réduction mais des Poésies « différentes » et même « errantes »
      et même si je n’adhère pas non plus forcément et je comprends que ça puisse em.. nnuyer
      j’y trouve parfois des mots qui m’emmène au-delà des mots
      mais ce n’est pour moi qu’un ressenti et je n’aurai pas justement les mots pour te l’expliquer 😉

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