Arbrealettres

Poésie

HORREURS D’UNE RUE D’ÉTÉ (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2016



Sandra Nunes tram

 

HORREURS D’UNE RUE D’ÉTÉ
NATSU NO MACHI NO KYÔFU

Sous le soleil ardent de l’été
La peur et l’éclat sont dans le coeur des rails.
Un petit garçon de trois ans
Glisse des genoux d’une mère endormie
Et trotte vers la voie du tramway.

Étalage aux légumes défraîchis.
Hôpital aux rideaux immobiles.
Devant le portail clos du jardin d’enfants
Un chien blanc aux oreilles traînantes se couche,
Et dans la lumière sans limite
Une fleur de pavot est morte
Un cercueil de bois vert se fendille : langueur dans l’air de l’été!

Avec son bac la femme du marchand de glace
Sort malade sous une ombrelle cassée,
Et dans la ruelle s’ébranle
Le convoi d’un homme mort de béribéri : silence dans l’horreur
de l’été!
L’agent au carrefour ravale son bâillement,
Le chien blanc s’étire
Et cherche les ordures.

Sous le soleil ardent de l’été
La peur et l’éclat sont dans le coeur des rails.
Un petit garçon de trois ans
Glisse des genoux d’une mère assoupie
Et trotte vers la voie du tramway.

(Ishikawa Takuboku)

Illustration: Sandra Nunes

 

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