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Poésie

Archive for 28 septembre 2016

Maison battue d’air (André du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



Maison battue d’air.
Stagnante ou criant.
Braise ou flaque.
Casque de l’arbre.

Les étoiles et le froid
se tiennent par des crochets de fer.

(André du Bouchet)

Illustration

 

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Au fur et à mesure (René Crevel)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



Christian Schloe The Mirror -  Christian Schloe

Au fur et à mesure que le jour m’éloigne du rêve nocturne,
l’état qui en fut le résultat s’évaporant, je suis, pour le recréer,
contraint de courir après un plus grand nombre d’images, de mots…
On prend du papier, une plume. Hélas il n’y a plus ni fumée, ni rêves…

Donc nous cherchons ces sensations nettes et insuffisantes capables de recréer un état vague et suffisant…
Ce qui revient à dire qu’un état premier se suffit à soi-même…
et ne demande secours ni à la philosophie ni à la littérature.
Il se subit et n’a d’autre expression qu’un chant affectif interne et sans syllabes.

(René Crevel)

Illustration: Christian Schloe

 

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Météore (André du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



 

Météore

L’absence qui me tient lieu de souffle recommence
à tomber sur les papiers comme de la neige.
La nuit apparaît. J’écris aussi loin que possible de moi.

(André du Bouchet)

 

 

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BATTERIE (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



 

BATTERIE

SOLEIL, je t’adore comme les sauvages,
à plat ventre sur le rivage.

Soleil, tu vernis tes chromos,
tes paniers de fruits, tes animaux.

Fais-moi le corps tanné, salé ;
fais ma grande douleur s’en aller.

Le nègre, dont brillent les dents,
est noir dehors, rose dedans.

Moi je suis noir dedans et rose
dehors, fais la métamorphose.

Change-moi d’odeur, de couleur,
comme tu as changé Hyacinthe en fleur.

Fais braire la cigale en haut du pin,
fais-moi sentir le four à pain.

L’arbre à midi rempli de nuit
la répand le soir à côté de lui.

Fais-moi répandre mes mauvais rêves,
soleil, boa d’Adam et d’Eve.

Fais-moi un peu m’habituer,
à ce que mon pauvre ami Jean soit tué.

Loterie, étage tes lots
de vases, de boules, de couteaux.

Tu déballes ta pacotille
sur les fauves, sur les Antilles.

Chez nous, sors ce que tu as de mieux,
pour ne pas abîmer nos yeux.

Baraque de la Goulue, manège
en velours, en miroirs, en arpèges.

Arrache mon mal, tire fort,
charlatan au carrosse d’or.

Que j’ai chaud ! C’est qu’il est midi.
Je ne sais plus bien ce que je dis.

Je n’ai plus mon ombre autour de moi
soleil ! ménagerie des mois.

Soleil, Buffalo Bill, Barnum,
tu grises mieux que l’opium.

Tu es un clown, un toréador,
tu as des chaînes de montre en or.

Tu es un nègre bleu qui boxe
les équateurs, les équinoxes.

Soleil, je supporte tes coups ;
tes gros coups de poing sur mon cou.

C’est encore toi que je préfère,
soleil, délicieux enfer.

(Jean Cocteau)

 

 

 

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L’être humain est une partie du tout (Albert Einstein)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



 

L’être humain est une partie du tout que nous appelons univers,
une partie limitée par le temps et l’espace
Il fait l’expérience de lui même, de ses pensées et de ses sentiments
comme des événements séparés du reste…
c’est là une sorte d’illusion d’optique de sa conscience.

Cette illusion est une forme de prison
car elle nous restreint à nos désirs personnels
et nous contraint à réserver notre affection
aux quelques personnes qui sont les plus proches de nous.

Nôtre tâche devrait consister à nous, libérer de cette prison
en élargissant notre cercle de compassion
de manière à y inclure toutes les créatures vivantes
et toute la nature dans sa beauté.

(Albert Einstein)

 

 

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Pas Toi (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016




Pas Toi

Graver l’écorce
Jusqu’à saigner
Clouer les portes
S’emprisonner

Vivre des songes
A trop veiller
Prier des ombres
Et tant marcher

J’ai beau me dire
Qu’il faut du temps
J’ai beau l’écrire
Si noir sur blanc
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi

Passent les jours
Vides sillons
Dans la raison
Mais sans amour

Passe ma chance
Tournent les vents
Reste l’absence
Obstinément

J’ai beau me dire
Que c’est comme ça
Que sans vieillir
On n’oublie pas
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi

Y’a pas de haine
Y’a pas de roi
Ni Dieu, ni chaîne
Qu’on ne combat
Mais que faut-il
Quelle puissance ?
Quelle arme brise
L’indifférence ?

Oh, c’est pas juste
C’est mal écrit
Comme une injure
Plus qu’un mépris
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi…

(Jean-Jacques Goldman)

 

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NUIT (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016




NUIT

La nuit t’habille dans mes bras
Pâles rumeurs et bruits de soie
Conquérante immobile
Reine du sang des villes
Je la supposais, la voilà
Tout n’est plus qu’ombre, rien ne ment
Le temps demeure et meurt pourtant
Tombent les apparences
Les amants se perdent en s’aimant
Solitaire à un souffle de toi
Si près tu m’échappes déjà
Mon intime étrangère
Se trouver c’est se défaire
A qui dit-on ces choses-là ?
As down lights up another day
Visions I once had fade away
All of those words unspoken
My widest dreams off broken
It wasn’t supposed to be that way
Should I leave why should
I stay Solitaire un souffle de toi
Leavin’behing me yesterday
Tout près tu m’echappes déjà
Am I free or forsaken
Mon intime étrangère
Cheated or awakened
Se trouver, se défaire
Does it matter anyway?

(Jean-Jacques Goldman)

 

 

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Il Suffira D’un Signe (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016




Il Suffira D’un Signe

Il suffira d’un signe, un matin
Un matin tout tranquille et serein
Quelque chose d’infime, c’est certain
C’est écrit dans nos livres, en latin

Déchirées nos guenilles de vauriens
Les fers à nos chevilles loin bien loin
Tu ris mais sois tranquille un matin
J’aurai tout ce qui brille dans mes mains

Regarde ma vie tu la vois face à face
Dis moi ton avis que veux-tu que j’y fasse
Nous n’avons plus que ça au bout de notre impasse
Le moment viendra tout changera de place

Et tu verras que les filles oh oui tu verras bien
Auront les yeux qui brillent ce matin
Plus de faim de fatigue des festins
De miel et de vanille et de vin

Il suffira d’un signe…

L’acier qui nous mutile du satin !
Nos blessures inutiles au lointain
Nous ferons de nos grilles des chemins
Nous changerons nos villes en jardins

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration

 

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Dit de la mer (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



Dit de la mer

Si vous croyez que ça m’amuse
Dit la mer
D’avoir toujours à me refaire
– Un point à l’endroit un point à l’envers
– Un pas en avant un pas en arrière

Moi qui aimerais tant aller cueillir des coings
A Tourcoing
Me bronzer dans la neige
A Mégève

Hélas pas moyen de fermer boutique
J’ai trop de sprats j’ai trop de pra-
Trop de pratiques

Mais comme elle a des cailloux plein la bouche
Personne ne comprend rien
A ce que raconte la mer.

(Jean Rousselot)

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Notre entrelacs d’amour (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



Albena Vatcheva   (26) [1280x768]

Notre entrelacs d’amour à des lettres ressemble,
Sur un arbre se mélangeant ;
Et, sur ce lit, nos corps s’entortillent ensemble,
Comme à ton nom le nom de Jean.

Croiriez-vous point, ô mer, reconnaître votre oeuvre,
Et les monstres de vos haras,
Si vous sentiez bouger cette amoureuse pieuvre
Faite de jambes et de bras.

Mais le noeud dénoué ne laisse que du vide ;
Et tu prends le cheval aux crins,
Le cheval du sommeil, qui, d’un sabot rapide,
Te dépose aux bords que je crains.

(Jean Cocteau)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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