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Poésie

Archive for 3 octobre 2016

LA PIÈCE D’ARGENT (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



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LA PIÈCE D’ARGENT

Notre amour était
une pièce d’argent
tombée du ciel
tout droit du trésor de Dieu ;

mais deux faces la composaient :
l’une, le prix de l’amour,
l’autre demeurée indéchiffrable
mystérieuse
comme la face de Dieu.

***

Monedha e florinjtë

Dashuria jonë ishte
Një monedhë e florinjtë,
Që na ra nga qielli
Prej thesarit të Zotit,
Po ajo kishte dy anë:
Njëra… çmimi i lumturisë
Tjetra mbeti e pakuptueshme
E mistershme
Si fytyra e Zotit.

(Rita Petro)

 

 

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LAISSE MON LOUP TRANQUILLE (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



LAISSE MON LOUP TRANQUILLE

Quand, recroquevillée sur ma solitude,
mes larmes coulent sur mes joues,
tu viens t’asseoir sur mes genoux, disant :
« Ne pleure pas, maman, tu verras :
je vais te le battre, papa ! »

Quand les vitres craquent sous l’orage
et que je tremble comme une petite fille,
toi, tu m’embrasses et me rassures :
« N’aie pas peur, tu sais,
je vais te les manger, les tonnerres ! »

Quand je te chuchote,
la nuit, saisie par la peur :
« Chérie, les cauchemars me hantent »,
tu clames haut et fort :
« Je vais te le tuer, le loup ! »

Ah, gentille petite fille,
laisse mon loup tranquille !

***

Veç ujkun mos ma vrit

Kur e strukur në vetminë time
Lotët faqeve më kullojnë,
Ti më futesh në prehër e më thua:
“Mami mos qaj, e rraf babin unë!”

Kur xhamat kërcasin prej qiellit
Që shfryn e ulërin,
Ti më pushton me doçkat e vogla
E më thua: I ha bubullimat unë!”

Kur unë të pëshpëris:
“Nga ëndrrat kam frikë!”
Ti në çast thërret:
“E vras ujkun unë!”

Ah, bija ime, e vogël e mirë,
Veç ujkun mos ma vrit!

(Rita Petro)

 

 

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LE CHANT NOCTURNE (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



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LE CHANT NOCTURNE

Veux-tu que nous glissions
par cette nuit silencieuse
dans le fleuve noir
qui mène à la caverne
où vit l’Hydre ?

Le monstre, dit-on,
mettra bas
sept enfants hydres
nourris de flammes d’amour
par les sept têtes du géniteur.

Viendras-tu ?
Il nous y attend.
La ville, dit-on, sera privée d’eau
tant que le monstre n’aura pas goûté
la chair tendre d’un couple d’amants.

Nul ne serait prêt à se sacrifier par amour :
Et toi ?

***

Kënga e natës

A do vish të shkasim
Në qetësinë e natës
Në lumin e zi
Që të çon te shpella
Ku jeton kuçedra?

Ajo është me barrë
Dhe do pjellë
Shtatë kuçedra të vogla
Që ushqehen me flakëza dashurie
Nga shtatë gojët e mëmës.

A do vish i dashur?
Ajo na pret.
Thotë se qyteti
Do mbetet pa ujë
Po nuk hëngri një çift dashnorësh.

Askush s’po i del për zot dashurisë,
Po ti?!

(Rita Petro)

 

 

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MON ÉTERNEL PRISONNIER (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



MON ÉTERNEL PRISONNIER

Au plus profond
du secret
de mon âme
je t’ai emmuré :
la lumière du soleil te verra
à travers mes yeux,
la colère du ciel t’ébranlera
à travers mes tremblements,
le déluge viendra te régénérer
à travers mon sang,
mon éternel prisonnier !
Cela m’est égal
de savoir que tu m’aimes
ou que tu me maudis,
sauf s’il arrive
que mon corps me lâche et meurt :
alors tu seras libre
d’accompagner mon âme
au ciel.

***

I burgosuri im i përjetshëm

I burgosuri im i përjetshëm,
Në fshehtësinë
Më të thellë
Të zemrës sime
Të kam futur,
Që drita e diellit të të hyjë
Përmes syrit tim,
Zemërimi i qiellit të të trondisë
Përmes drithërimës sime,
Vërshimi i ujërave të të ripërtërijë
Përmes gjakut tim.
I burgosuri im i përjetshëm!
Unë s’dua t’ia di
Në më do
A më mallkon ti,
Veç në ndodhtë
Që trupi të më vdesë,
Je i lirë
Bashkë me shpirtin tim
Të fluturosh në qiell.

(Rita Petro)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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NE T’AI-JE JAMAIS DIT ? (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



NE T’AI-JE JAMAIS DIT ?

Ne t’ai-je jamais dit
que je voudrais mourir au printemps,
mourir ensemble,
côte-à-côte bercés dans un lit suspendu
aux branches d’un vieux chêne,
quand nous n’aurons plus la force
de courir,
quand nous n’aurons plus la force
de partir à l’aventure
quand nous n’aurons plus la force
de danser,
quand nous ne pourrons plus le faire…
Seul le soleil prendra soin de nos visages
collés sous notre inspiration en parfait accord…
J’ai déjà essayé une fois, tu sais,
dans la cabane au flanc de la montagne :
la neige venait juste de fondre
et les arbres étaient pris dans l’émoi du printemps ;
la mort avait un goût excitant,
acide, comme un fruit vert…
ou plutôt, fi de ces comparaisons romantiques :
comme ton sexe.

(Rita Petro)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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N’Y CROIS PAS (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



N’Y CROIS PAS

Quand on m’aura placée
dans mon cercueil de cristal
et qu’un cortège tout de blanc vêtu
m’aura couchée sur un nuage blanc

n’y crois pas
quand tes yeux te renverront tout au noir.

***

Mos iu beso syve

Kur të më kenë shtrirë
Në arkovolin tim të kristaltë
Dhe një kortezh i veshur me të bardha
Të më vendosë mbi një re të bardhë,

Mos iu beso syve
Nëse gjithcka të duket e zezë.

(Rita Petro)

Illustration: Claude Monet  

 

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Vous verrez bien (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



Vous verrez bien

Je vous l’ai dit,
Je changerai le monde
A califourchon sur mon vélo
Bleu
Qui avance grâce à la force
De mes muscles.
Je vous l’ai dit,
Mais mon père a ri,
Maman aussi,
Mon mari encore plus,
Ma fille, elle, se moque
De ma minijupe,
Alors que mes amis
Boivent
A mes folies.
Je changerai le monde,
Vous verrez bien,
Pourvu que Dieu me protège
De la sclérose,
Quant au danger,
Je le porte à même le corps
Comme un gilet pare-balles.

***

Keni për të parë

Ju kam thënë
Unë do ta ndryshoj botën
Hipur mbi biçikletën time
Të kaltër
Që ecën me energjinë
E muskujve të mi.
Ju kam thënë,
Por babai ka qeshur
Edhe mamaja,
Më tepër im shoq,
Vajza tallet me minifundin tim,
Ndërsa miqtë e mi
Ngrenë dolli
Për marrëzitë e mia.
Unë do ta ndryshoj botën
Keni për të parë!
Zoti më ruajtë
Veç nga skleroza
Sa për rrezikun
Atë e kam veshur
Drejt e në trup
Si një jelek antiplumb.

(Rita Petro)

Illustration: Svetlana Novikova

 

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Le suaire (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



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Le suaire

Quand tu n’es pas là
Je m’enroule dans un drap
Blanc
Pour que la nuit
Soit moins noire

Le lendemain
J’ai du mal à respirer.

***

Qefini

Kur më mungon ti
Pështillem me çarçafë
Të bardhë
Që nata mos më duket aq e zezë

Të nesërmen
Më zihet fryma

(Rita Petro)

Illustration: Agnès Baillon

 

 

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Le potier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016




Le potier

Ton corps entier possède
la coupe ou la douceur qui me sont destinées.

Quand je lève la main
je trouve en chaque endroit une colombe
qui me cherchait, comme si, mon amour, d’argile on t’avait faite
pour mes mains de potier.

Tes genoux, tes seins
et tes hanches
me manquent comme au creux
d’une terre assoiffée
d’où l’on a détaché
une forme,
et ensemble
nous sommes un tout comme l’est un fleuve
ou comme le sable.

(Pablo Neruda)

Illustration: Annabelle Delaigue que j’ai confondu avec sa tante (mille excuses) mais TOUTE AUSSI DOUEE:

Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole
Son Journal d’Atelier

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J’écris pour voir ce qui reste à l’extérieur (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



heather-dohollau

J’écris pour voir ce qui reste à l’extérieur,
qui vient s’appuyer contre la vitre du texte.
Le presque oublié, attiré par un mot, une couleur, l’air.
D’un lieu d’où je me suis retournée pour regarder ailleurs.
L’arrière-plan éternel, éternellement au-devant de moi

(Heather Dohollau)

 

 

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