Arbrealettres

Poésie

OPHÉLIE (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016




OPHÉLIE

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

(Arthur Rimbaud)

Illustration: Nadav Kander

 

2 Réponses vers “OPHÉLIE (Arthur Rimbaud)”

  1. Lara said

    je découvre ce tableau d’Ophélie ..sans ses voiles ..

    Un grand classique que je n’ai cesse de savourer 🙂

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