Arbrealettres

Poésie

Par-dessus les toits de ma ville lointaine (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016




Par-dessus les toits de ma ville lointaine
Et le fond de la mer de Marmara,
Par-delà les terres de l’automne,
M’est parvenue
Ta voix humide et mûre.
Cela dura trois minutes
Et puis le téléphone sombra.

*

La plus belle des mers
est celle où l’on n’est pas encore allé.
Le plus beau des enfants
n’ a pas encore grandi.
Les plus beaux jours
Les plus beaux
de nos jours
on ne les a pas encore vécus.
Et ce que moi je voudrais te dire de plus beau
je ne l’ai pas encore dit.

*

Que fait-elle maintenant,
Maintenant, en cet instant ?
Chez elle ? dans la rue ?
Au travail ? allongée ? debout ?
Peut-être lève-t-elle le bras ?
O ma rose,
Comme ce mouvement découvre soudain
Ton poignet blanc et rond
Que fait-elle maintenant,
Maintenant, en cet instant ?
Un petit chat sur les genoux
Elle le caresse.
Ou peut-être marche-t-elle.
Voilà son pied qui s’avance.
0 tes pieds, tes chers pieds,
Pieds qui marchent dans mon âme,
Pieds qui illuminent mes jours noirs.
À qui pense-t-elle ?
À moi ? ou… que sais-je,

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Coral Silverman

 

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