Arbrealettres

Poésie

Chanson de la porte (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



Nous sommes entrés par erreur.
Nous avons frappé à la porte de service.
C’était l’été,
les grands navires des routes
fumaient leurs étoiles.
Tout était sale.
Les femmes étaient en sang:
C’était leur robe.
Les hommes étaient nus:
C’était leur uniforme,
pêle-mêle, par terre,
maigres comme des cordes
Nous avions froid
et les villes brûlaient
et les arbres
attisaient le feu du monde.
Nous avions faim
et le pain courait à perdre haleine,
le pain fuyait on ne sait où!
Nous avions soif
et l’eau était de marbre.
Nous nous sommes réveillés ensemble,
un matin,
anonymes et laids
comme les vers.

(Edmond Jabès)

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