Arbrealettres

Poésie

Archive for 13 octobre 2016

Soufflée dans le vent (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



Soufflée dans le vent

Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l’appeliez un homme?
Oui, et combien de mers la blanche colombe doit-elle traverser
Avant de s’endormir sur le sable?
Oui, et combien de fois doivent tonner les canons
Avant d’être interdits pour toujours?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

Combien d’années une montagne peut-elle exister
Avant d’être engloutie par la mer?
Oui, et combien d’années doivent exister certains peuples
Avant qu’il leur soit permis d’être libres?
Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête
En prétendant qu’il ne voit rien?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

Combien de fois un homme doit-il regarder en l’air
Avant de voir le ciel?
Oui, et combien d’oreilles doit avoir un seul homme
Avant de pouvoir entendre pleurer les gens?
Oui, et combien faut-il de morts pour qu’il comprenne
Que beaucoup trop de gens sont morts?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

***

Blowin’ In The Wind

How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, ‘n’ how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, ‘n’ how many times must the cannon balls fly
Before they’re forever banned?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

How many years can a mountain exist
Before it’s washed to the sea?
Yes, ‘n’ how many years can some people exist
Before they’re allowed to be free?
Yes, ‘n’ how many times can a man turn his head,
Pretending he just doesn’t see?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, ‘n’ how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, ‘n’ how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.

(Bob Dylan)

Illustration: Rockwell Kent

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Tout au long de la tour de guet (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



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Tout au long de la tour de guet

« Il doit y avoir un moyen de sortir d’ici », dit le bouffon au voleur,
« Il règne une trop grande confusion, je ne ressens aucun soulagement.
Les hommes d’affaires boivent mon vin, les laboureurs creusent ma terre,
Personne à l’horizon ne sait ce que tout cela vaut. »

« Aucune raison de s’énerver », répondit gentiment le voleur,
« Beaucoup ici parmi nous pensent que la vie n’est qu’une farce.
Mais, toi et moi, nous sommes passés par là, et ce n’est pas notre destin,
Alors, ne parlons plus à tort maintenant, il commence à se faire tard. »

Tout au long de la tour de guet, les princes continuaient à regarder
Tandis que toutes les femmes allaient et venaient, les serviteurs aux pieds nus, aussi.

Dehors au loin un chat sauvage gronda,
Deux cavaliers approchaient, le vent commença à hurler.

***

All Along the Watchtower

« There must be some way out of here, » said the joker to the thief,
« There’s too much confusion, I can’t get no relief.
Businessmen, they drink my wine, plowmen dig my earth,
None of them along the line know what any of it is worth. »

« No reason to get excited, » the thief, he kindly spoke,
« There are many here among us who feel that life is but a joke.
But you and I, we’ve been through that, and this is not our fate,
So let us not talk falsely now, the hour is getting late. »

All along the watchtower, princes kept the view
While all the women came and went, barefoot servants, too.

Outside in the distance a wildcat did growl,
Two riders were approaching, the wind began to howl.

(Bob Dylan)

 Illustration: ADHOK Le Nid

 

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Tout comme une femme (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



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Tout comme une femme

Personne ne ressent la moindre douleur
Ce soir tandis que je suis sous la pluie
Tout le monde sait
Que Baby a des vêtements neufs
Mais récemment j’ai vu que ses rubans et ses nœuds
Sont tombés de ses boucles.
Elle prend comme une femme, oui, c’est ça
Elle fait l’amour comme une femme, oui, c’est ça
Et elle souffre comme une femme
Mais elle rompt comme une petite fille.

La Reine Marie est mon amie
Oui je pense que j’irai la revoir
Personne ne doit croire
Que Baby ne peut être bénie
Jusqu’à ce qu’elle voit finalement qu’elle est comme tous les autres
Avec sa brume, ses amphétamines et ses perles.
Elle prend comme une femme, oui, c’est ça
Elle fait l’amour comme une femme, oui, c’est ça
Et elle souffre comme une femme
Mais elle rompt comme une petite fille.

Il pleuvait depuis le début
Et moi je mourais de soif là-bas
Alors je suis entré ici
Et ton ancienne malédiction fait encore mal
Mais ce qui est pire
C’est cette douleur ici
Je ne peux rester ici
N’est-il pas clair que…

Je ne suis simplement pas à ma place
Oui je crois qu’il est temps pour nous de nous séparer
Quand nous nous reverrons
Présentés comme des amis
Je t’en prie ne dévoile pas que tu me connaissais quand
J’avais faim et que c’était ton monde.
Oh, tu fais semblant comme une femme, oui, c’est ça
Tu fais l’amour comme une femme, oui, c’est ça
Puis tu souffres comme une femme
Mais tu rompts comme une petite fille.

***

Just Like A Woman

Nobody feels any pain
Tonight as I stand inside the rain
Ev’rybody knows
That Baby’s got new clothes
But lately I see her ribbons and her bows
Have fallen from her curls.
She takes just like a woman, yes, she does
She makes love just like a woman, yes, she does
And she aches just like a woman
But she breaks just like a little girl.

Queen Mary, she’s my friend
Yes, I believe I’ll go see her again
Nobody has to guess
That Baby can’t be blessed
Till she sees finally that she’s like all the rest
With her fog, her amphetamine and her pearls.
She takes just like a woman, yes, she does
She makes love just like a woman, yes, she does
And she aches just like a woman
But she breaks just like a little girl.

It was raining from the first
And I was dying there of thirst
So I came in here
And your long-time curse hurts
But what’s worse
Is this pain in here
I can’t stay in here
Ain’t it clear that–

I just can’t fit
Yes, I believe it’s time for us to quit
When we meet again
Introduced as friends
Please don’t let on that you knew me when
I was hungry and it was your world.
Ah, you fake just like a woman, yes, you do
You make love just like a woman, yes, you do
Then you ache just like a woman
But you break just like a little girl.

(Bob Dylan)

 

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Empêtré dans le gris (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



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Empêtré dans le gris

Un matin tôt le soleil brillait,
J’étais couché au lit
A me demander si elle avait changé
Si ses cheveux étaient encore roux.
Ses vieux ils disaient que notre vie ensemble
Pour sûr serait dure
Ils n’avaient jamais aimé les robes maison de Maman
Le compte en banque de Papa n’était pas assez gros.
Et j’étais debout sur le bord de la route
La pluie me mouillait les chaussures
En partance pour la côte Est
Dieu sait que j’en ai bavé pour survivre,
Empêtré dans le gris.

Elle était mariée à notre première rencontre
En voie de divorcer
Je l’ai tirée d’embarras, je crois,
Mais j’y ai été un peu trop fort.
Nous avons conduit cette voiture aussi loin que nous pouvions
L’avons abandonnée dans l’Ouest
Avons rompu par une triste et sombre nuit
D’accord tous les deux qu’il valait mieux.
Elle s’est retournée pour me regarder
Comme je m’éloignais
Par-dessus l’épaule je l’ai entendu dire,
« Nous nous reverrons un jour sur la route »,
Empêtrés dans le gris.

J’ai eu un job dans les forêts du Grand Nord
Comme cuisinier quelque temps
Mais je n’ai jamais vraiment aimé ça
Et un jour le couperet est tombé.
Alors j’ai dérivé jusqu’à la Nouvelle-Orléans
Où par hasard j’ai été employé
A travailler un moment sur un bateau de pêche
Juste à la sortie de Delacroix.
Mais tout ce temps-là j’étais seul
Le passé était tout proche,
J’ai eu des femmes par dizaines
Mais elle ne s’est jamais évadée de ma tête, et je me suis encore plus
Empêtré dans le gris.

Elle travaillait dans un bar topless
J’y suis entré boire une bière,
Je n’arrêtai pas de regarder son profil
Dans la clarté des spots.
Plus tard comme la foule se dispersait
J’étais sur le point d’en faire autant,
Elle se tenait là derrière ma chaise
Et dit « J’connaîtrai pas ton nom? »
J’ai marmonné quelque chose dans ma barbe,
Elle étudiait les traits de mon visage.
Je dois avouer que je me sentais un peu mal à l’aise
Comme elle se courbait pour nouer mes lacets de soulier,
Empêtré dans le gris.

Elle a allumé un brûleur au fourneau et m’a offert une pipe
« J’croyais qu’tu dirais jamais bonjour » dit-elle
« T’as l’air d’un silencieux ».
Puis elle ouvrit un livre de poèmes
Et me le tendit
C’était écrit par un poète italien
Du treizième siècle.
Et chacun de ces mots sonnait juste
Et luisait comme des charbons ardents
Ils se déversaient de chaque page
Comme si c’était gravé dans mon âme rien que pour toi,
Empêtrée dans le gris.

Je vivais avec eux sur la rue Montague
Au sous-sol en bas des marches,
Il y avait de la musique dans les cafés le soir
Et la révolution dans l’air.
Puis il commença à faire du trafic d’esclaves
Et quelque chose mourut en lui.
Elle dût vendre tous ses biens
Et se glaça en dedans.
Et quand enfin ils touchèrent le fond
Je me repliai en moi-même,
La seule chose que je savais faire
C’était de continuer comme un oiseau en vol,
Empêtré dans le gris.

Voilà, je repars à nouveau,
Il faut que je la voie d’une façon ou d’une autre.
Tous les gens qu’on connaissait
Ne sont qu’illusion pour moi désormais.
Certains sont mathématiciens
D’autres sont femmes de charpentiers.
Je ne sais pas comment tout ça a commencé
Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs vies.
Mais moi, je suis toujours sur la route
En direction d’un autre joint
On se sentait vraiment pareils,
On avait juste des points de vue différents,
Empêtrés dans le gris.

***

Tangled Up In Blue

Early one mornin’ the sun was shinin’,
I was layin’ in bed
Wond’rin’ if she’d changed at all
If her hair was still red.
Her folks they said our lives together
Sure was gonna be rough
They never did like Mama’s homemade dress
Papa’s bankbook wasn’t big enough.
And I was standin’ on the side of the road
Rain fallin’ on my shoes
Heading out for the East Coast
Lord knows I’ve paid some dues gettin’ through,
Tangled up in blue.

She was married when we first met
Soon to be divorced
I helped her out of a jam, I guess,
But I used a little too much force.
We drove that car as far as we could
Abandoned it out West
Split up on a dark sad night
Both agreeing it was best.
She turned around to look at me
As I was walkin’ away
I heard her say over my shoulder,
« We’ll meet again someday on the avenue, »
Tangled up in blue.

I had a job in the great north woods
Working as a cook for a spell
But I never did like it all that much
And one day the ax just fell.
So I drifted down to New Orleans
Where I happened to be employed
Workin’ for a while on a fishin’ boat
Right outside of Delacroix.
But all the while I was alone
The past was close behind,
I seen a lot of women
But she never escaped my mind, and I just grew
Tangled up in blue.

She was workin’ in a topless place
And I stopped in for a beer,
I just kept lookin’ at the side of her face
In the spotlight so clear.
And later on as the crowd thinned out
I’s just about to do the same,
She was standing there in back of my chair
Said to me, « Don’t I know your name? »
I muttered somethin’ underneath my breath,
She studied the lines on my face.
I must admit I felt a little uneasy
When she bent down to tie the laces of my shoe,
Tangled up in blue.

She lit a burner on the stove and offered me a pipe
« I thought you’d never say hello, » she said
« You look like the silent type. »
Then she opened up a book of poems
And handed it to me
Written by an Italian poet
From the thirteenth century.
And every one of them words rang true
And glowed like burnin’ coal
Pourin’ off of every page
Like it was written in my soul from me to you,
Tangled up in blue.

I lived with them on Montague Street
In a basement down the stairs,
There was music in the cafes at night
And revolution in the air.
Then he started into dealing with slaves
And something inside of him died.
She had to sell everything she owned
And froze up inside.
And when finally the bottom fell out
I became withdrawn,
The only thing I knew how to do
Was to keep on keepin’ on like a bird that flew,
Tangled up in blue.

So now I’m goin’ back again,
I got to get to her somehow.
All the people we used to know
They’re an illusion to me now.
Some are mathematicians
Some are carpenter’s wives.
Don’t know how it all got started,
I don’t know what they’re doin’ with their lives.
But me, I’m still on the road
Headin’ for another joint
We always did feel the same,
We just saw it from a different point of view,
Tangled up in blue.

(Bob Dylan)

 

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Comme une pierre qui roule (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



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Comme une pierre qui roule

Il était une fois tu étais si bien habillée,
De ta superbe tu jetais un sou aux mendiants, n’est ce pas ?
Les gens prévenaient « Gaffe poupée, tu vas tomber »
Tu pensais qu’ils te faisaient tous marcher
Tu avais l’habitude de te moquer
De tous ceux qui traînaient alentour
Maintenant tu ne parles plus si fort
Maintenant tu ne sembles plus si fière
D’avoir à quémander ton prochain repas.

Comment se sent-on ?
Comment se sent-on ?
Quand on est sans maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule ?

Tu viens de la meilleure école, très bien, Miss Solitaire
Mais tu sais tu n’as fait que t’y soûler
Et personne ne t’a jamais enseigné comment vivre dans la rue
Et maintenant tu découvres que tu vas devoir t’y habituer
Tu disais que tu ne te compromettrais jamais
Avec le vagabond mystérieux, mais maintenant tu te rends compte
Qu’il ne vend pas d’excuses
Quand tu plonges dans le vide de ses yeux
Et tu lui demandes s’il veut bien faire un deal.

Comment se sent-on ?
Comment se sent-on ?
Quand on est tout seul
Quand on est sans maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule ?

Jamais tu ne retournais sur les regards noirs envers les jongleurs et les clowns
Quand ils venaient tous faire leurs tours pour toi
Tu ne voulais pas comprendre que ce n’était pas bien
De laisser d’autres gens prendre leur pied pour toi
Toi qui montais ce cheval d’acier avec ton diplomate
Qui portait sur son épaule un chat siamois
Ce fut très dur, non, lorsque tu découvris
Qu’il n’était pas si branché que ça
Une fois qu’il t’eut pris tout ce qu’il pouvait voler.

Comment se sent-on ?
Comment se sent-on ?
Quand on est tout seul
Quand on est sans maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule ?

Princesse sur ton clocher et tout ce joli monde
Qui boit et pense son avenir assuré
Echangeant toutes sortes de choses et dons précieux
Mais tu ferais mieux d’enlever ton diamant, tu ferais mieux de le gager, chou
Tu avais l’habitude de rire
De Napoléon en haillons et du langage qu’il parlait
Va le voir maintenant, il t’appelle, tu ne peux plus refuser
Quand on a rien, on n’a rien à perdre
Tu es invisible maintenant, tu n’as plus de secrets à dissimuler.

Comment se sent-on ?
Comment se sent-on ?
Quand on est tout seul
Quand on est sans maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule ?

***

Like A Rolling Stone

Once upon a time you dressed so fine
You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?
People’d call, say, « Beware doll, you’re bound to fall »
You thought they were all kiddin’ you
You used to laugh about
Everybody that was hangin’ out
Now you don’t talk so loud
Now you don’t seem so proud
About having to be scrounging for your next meal.

How does it feel
How does it feel
To be without a home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely
But you know you only used to get juiced in it
And nobody has ever taught you how to live on the street
And now you find out you’re gonna have to get used to it
You said you’d never compromise
With the mystery tramp, but now you realize
He’s not selling any alibis
As you stare into the vacuum of his eyes
And ask him do you want to make a deal?

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns
When they all come down and did tricks for you
You never understood that it ain’t no good
You shouldn’t let other people get your kicks for you
You used to ride on the chrome horse with your diplomat
Who carried on his shoulder a Siamese cat
Ain’t it hard when you discover that
He really wasn’t where it’s at
After he took from you everything he could steal.

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

Princess on the steeple and all the pretty people
They’re drinkin’, thinkin’ that they got it made
Exchanging all kinds of precious gifts and things
But you’d better lift your diamond ring, you’d better pawn it babe
You used to be so amused
At Napoleon in rags and the language that he used
Go to him now, he calls you, you can’t refuse
When you got nothing, you got nothing to lose
You’re invisible now, you got no secrets to conceal.

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

(Bob Dylan)

 

 

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Une pluie dure va tomber (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



Une pluie dure va tomber

Où as-tu été, mon fils aux yeux bleus?
Où as-tu été, mon cher petit?
J’ai trébuché sur le bord de douze montagnes brumeuses,
J’ai marché et rampé sur six chemins tordus,
J’ai pénétré au cœur de sept forêts tristes,
J’ai été à la rencontre d’une douzaine d’océans morts,
J’ai marché dix mille miles dans la bouche d’un cimetière,
Et c’est une dure, et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
Et c’est une pluie dure qui va tomber.

Qu’as-tu vu, mon fils au yeux bleus?
Qu’as-tu vu, mon cher petit?
J’ai vu un nouveau né entouré de loups du désert,
J’ai vu un chemin de diamants avec personne dessus,
J’ai vu une branche noire dégoulinante de sang,
J’ai vu une pièce pleine d’hommes avec leurs marteaux qui saignaient,
J’ai vu une échelle blanche toute couverte d’eau,
J’ai vus dix mille bavards dont la langue était cassée,
J’ai vu des fusils et des épées effilées dans les mains de jeunes enfants,
Et c’est une dure, et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
Et c’est une pluie dure qui va tomber.

Qu’as-tu entendu, mon fils aux yeux bleus?
Qu’as-tu entendu, mon cher petit?
J’ai entendu le son du tonnerre, rugir un avertissement,
Entendu le hurlement d’une vague qui pourrait noyer le monde entier,
Entendu cent batteurs dont les mains étaient en flamme,
Entendu dix mille chuchotements que personne n’écoutait,
Entendu une personne affamée, et entendu beaucoup de gens rire,
Entendu la chanson d’un poète qui mourait dans le caniveau,
Entendu le cri d’un clown qui pleurait dans la rue,
Et c’est une dure, et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
Et c’est une pluie dure qui va tomber.

Qui as-tu rencontré, mon fils aux yeux bleus
Qui as-tu rencontré, mon cher petit?
J’ai rencontré un jeune enfant aux côtés d’un poney mort,
J’ai rencontré un homme blanc qui promenait un chien noir,
J’ai rencontré une femme dont le corps brûlait,
J’ai rencontré une jeune fille qui m’a donné un arc-en-ciel,
J’ai rencontré un homme qui était blessé par l’amour,
J’ai rencontré un autre homme qui était blessé par la haine,
Et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
C’est une pluie dure qui va tomber.

Que vas-tu faire, mon fils aux yeux bleus?
Que vas-tu faire, mon cher petit?
Je vais sortir avant que la pluie ne commence à tomber,
Je vais marcher au plus épais de la plus noire et épaisse forêt,
Où les gens sont nombreux et ont les mains vides,
Où les boulettes de poison ont envahi leurs eaux,
Où la maison dans la vallée ressemble à la prison sale et humide,
Où le visage du bourreau est toujours bien caché,
Où le désir est laid, où les âmes sont oubliées,
Où noire est la couleur, où zéro est le nombre,
Et je le dirai et je le penserai et je le raconterai et je le soufflerai,
Et je le projetterai de la montagne pour que chacun puisse le voir,
Et puis, je resterai sur l’océan jusqu’à ce que je commence à sombrer,
Mais je connaîtrai bien ma chanson avant de commencer à chanter.
Et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
C’est une pluie dure qui va tomber.

***

A Hard Rain’s A Gonna Fall

Oh, where have you been, my blue-eyed son?
Oh, where have you been, my darling young one?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains,
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways,
I’ve stepped in the middle of seven sad forests,
I’ve been out in front of a dozen dead oceans,
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard,
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard,
And it’s a hard rain’s a-gonna fall.

Oh, what did you see, my blue-eyed son?
Oh, what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it,
I saw a black branch with blood that kept drippin’,
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin’,
I saw a white ladder all covered with water,
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken,
I saw guns and sharp swords in the hands of young children,
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
And it’s a hard rain’s a-gonna fall.

And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin’,
Heard the roar of a wave that could drown the whole world,
Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin’,
Heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’,
Heard one person starve, I heard many people laughin’,
Heard the song of a poet who died in the gutter,
Heard the sound of a clown who cried in the alley,
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
And it’s a hard rain’s a-gonna fall.

Oh, who did you meet, my blue-eyed son?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony,
I met a white man who walked a black dog,
I met a young woman whose body was burning,
I met a young girl, she gave me a rainbow,
I met one man who was wounded in love,
I met another man who was wounded with hatred,
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
It’s a hard rain’s a-gonna fall.

Oh, what’ll you do now, my blue-eyed son?
Oh, what’ll you do now, my darling young one?
I’m a-goin’ back out ‘fore the rain starts a-fallin’,
I’ll walk to the depths of the deepest black forest,
Where the people are many and their hands are all empty,
Where the pellets of poison are flooding their waters,
Where the home in the valley meets the damp dirty prison,
Where the executioner’s face is always well hidden,
Where hunger is ugly, where souls are forgotten,
Where black is the color, where none is the number,
And I’ll tell it and think it and speak it and breathe it,
And reflect it from the mountain so all souls can see it,
Then I’ll stand on the ocean until I start sinkin’,
But I’ll know my song well before I start singin’,
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
It’s a hard rain’s a-gonna fall.

(Bob Dylan)

 

 

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L’herbe coupée (Béatrice Bonhomme)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



L’herbe coupée
Recouvre la terre
De son compost
En dessous déjà
Naît la reverdie.

(Béatrice Bonhomme)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

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Comme le funambule (Ghérasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



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Comme le funambule
pendu à son ombrelle

je m’accroche
à mon propre déséquilibre.

(Ghérasim Luca)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

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Un moment de vrai oubli (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



L’attachement à soi augmente l’opacité de la vie.
Un moment de vrai oubli,
et tous les écrans les uns derrière les autres deviennent transparents,
de sorte qu’on voit la clarté jusqu’au fond, aussi loin que la vue porte ;
et du même coup plus rien ne pèse.
Ainsi l’âme est vraiment changée en oiseau.

(Philippe Jaccottet)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

Illustration: Remy Disch

 

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La négraille (Aimé Césaire)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



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La négraille aux senteurs d’oignon frit retrouve dans son sang répandu le goût amer de la liberté

Et elle est debout la négraille

la négraille assise
inattendument debout
debout dans la cale
debout dans les cabines
debout sur le pont
debout dans le vent
debout sous le soleil
debout dans le sang

debout
et
libre

(Aimé Césaire)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

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