Arbrealettres

Poésie

Archive for 14 octobre 2016

ARIDE (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



ARIDE

Quelque part entre source et fontaine
Entre lac et rivière
Je choisis la trace aride
Celle où je reviens souvent

(André Velter)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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L’ÉCHIQUIER (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



L’ÉCHIQUIER

Au pays des roses trémières
Qui poussent contre les maisons sèches
J’ai souvenir d’une fleur fragile
À en mourir

Un coquelicot mon âme
Et son coeur de tragédie
Et ses ailes retaillées dans le rideau de scène
Du théâtre de cruelle harmonie
Où tout s’échange
Où tout s’essouffle
Quand le bonheur est une idée
Jetée par-dessus bord
Et folle
Sur l’échiquier des rois des reines des cavaliers

(André Velter)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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POÉSIE FUNAMBULE (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



POÉSIE FUNAMBULE

Je n’écris pas sur le motif en ce moment
Le paysage sort du bois
Au seul bruissement des branches et des feuilles
On dirait une vision sonore
Un raga de brume de poussière et de miel
Qui apparaît
Qui transparaît
Dans un réel plus vrai que nature

La mélodie crée ses images
Sans relever la pointe du crayon
Sans suspendre le geste qui découvre
Un fil de funambule
Tout un envol de partitions
Et un requiem ajourné
Qui se veut chorus ou chanson
Avec un aveu à la clé

Je vois comment il y a du noir du blanc du gris
Comment un corbeau étire un nuage
Comment c’est terriblement doux et sage
Terriblement là
Présent et enfui
Sous l’archet qui reprend ses errances
Qui égrène note à note une hanche un visage
Et tous les mots d’amour que j’aurai reconquis

(André Velter)

Illustration: Alain Gagnon

 

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MARÉE HAUTE (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



MARÉE HAUTE

Dans l’avenir à découvert
Comme dans une larme de feu
Où rien ne va à la cendre
Où rien ne va au remords
On comprend qu’il y a de l’or
Qui règne sous la peau
Et une vague violente qui n’espérait que ça

(André Velter)

Illustration: Pascal Renoux

 

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CE CÔTÉ-LA (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



femme-marchant-sur-le-sabe

CE CÔTÉ-LÀ

C’était sortir des éclairs plein les poings
La tête à l’abordage
Il y avait un nuage
Et tu ne disais rien
Sur le sable une brûlure semblait te précéder

L’ombre allait et fuyait au gré d’une guitare
Une énigme peut-être
Un effleurement d’âme et de feu
Ou une survivance andalouse
Remontant le cours des temps jusqu’au désert de Thar

J’ai posé une main sur la nuit
Pour tenir ton odeur
Contre ma ligne d’insouciance
Et c’était déjà sans retour
Dans ce château de paille tombé aux oubliettes

L’insomnie était douce avec ses liens de feutre
Avec ses sangles d’aube
Il y avait de ce côté-là
Un va-et-vient très libre et dérivant
De torchère enflammée au fond des océans

J’ai pensé aux heures arides
Au vertige en lieu de source
À ce qu’on dit du calme avant les tempêtes
Et à ce rendez-vous flagrant
Qui ne fut jamais pris

(André Velter)

 

 

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D’UN SEUL REGARD (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



D’UN SEUL REGARD

Sur la même ligne de crête
Sur la même voie risquée
La mémoire qui vient
Et mon pas dérouté encore avec les dieux

Le souffle s’est ravisé
Ravivé à tant d’orages
Il sait un air radieux
Dans l’éclat qui dure nuit après nuit
Sans avoir à se perdre plus que ça

Un bras se lève au depart
Mais pas d’adieux à la fenêtre
Il y a comme une légèreté d’être
A l’écoute d’un seul regard

Personne à l’horizon
Personne au bout des doigts
D’où sort cet écho du silence
Qui règne soudain en éclaireur
Tandis que renaît la cadence
Et tous les battements du coeur

Le songe qui peut me guider
Offre une vie à ne pas croire
Pourtant j’ai toujours peint le ciel en rouge
En noir
Et un peu au hasard

Voilà que s’ouvre une terre
Ni lointaine ni proche
Une terre à fleur de peau
Le désir incarné

(André Velter)

Illustration

 

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LES DRAPS BLEUS (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



croisieres

LES DRAPS BLEUS

Tout est là qui attend
Le signe altier d’un gant dans l’ombre
La caresse du vent
Et ces toits qui descendent en miroirs vers la mer

Nous ne serons jamais à quai
Ou pour une escale très brève
Quelques instants sur quoi fermer les yeux
Avant de repartir accordés
Du sel aux coins des lèvres

Le temps qui s’est levé
Entre les draps bleus d’un lit du Rajasthan
N’est pas de ceux qui passent
Il appartient au présent chaviré
Triomphant des naufrages et des peurs

Les questions peuvent rester divinement sans réponse
Et se transporter ailleurs
Avec une sorte d’allégresse neuve
Une ferveur qui parle aux étoiles en plein jour

Je me sens l’âme à la verticale
Et tout est là qui n’attend pas

(André Velter)

 

 

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Si tu poses ton regard (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



si tu poses ton regard
sur le pianiste noir
au fond du bouge obscur
ne le détourne pas

tu verras s’élever
des fantômes de fleurs
et des halos de lune
dans la fumée du bar

(Jean-Claude Pirotte)

Illustration: Guillaume Tarayre

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Pour un arbre (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



pour un arbre

j’ai vraiment fait ce que je pouvais pour cet arbre
il murmurait des choses incompréhensibles
il tremblait il craquait
il balançait la tête avec l’obstination démente
d’une vieille mendiante saoule
il gémissait branche par branche
et par instants râlait comme un jazz-band

de toute façon je n’aurais pas réussi
à lui rendre l’oiseau

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Les jambes de la voisine (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



les jambes de la voisine
sont les ciseaux du voisin

ce que veut le chef de gare
c’est un képi moins lustré

le vicaire est à vélo
comme un vieil iguanodon

l’épicier dans sa boutique
a pissé sur les épices

et ma maîtresse d’école
rougit en me regardant

(Jean-Claude Pirotte)

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