Arbrealettres

Poésie

Archive for 14 octobre 2016

Parmi les déchets du passé (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



parmi les déchets du passé
je suis venu sans coeur ni bras

pour vous aimer ou vous tenir
serrée contre mon vieux linceul

ô soeur inconnue soeur éprise
de lumière à l’heure du deuil

je suis venu pour répéter
qu’à votre insu je reviendrai

(Jean-Claude Pirotte)

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Jamais je n’apprendrai rien (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



A l’aube les lycéens passent
rue des Remberges, une voix de fille
prononce les mots  » Qu’en sais-tu ? la vie est…  »
mais la voix se perd dans le brouhaha
d’autres voix qui s’élèvent ensemble
et s’éloignent vers la fontaine, moi
je reste à ma table, je pense
que jamais je n’apprendrai rien

(Jean-Claude Pirotte)

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Lorsque nous partirons (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



lorsque nous partirons
pour la contrée lointaine
où campent nos aïeux

nous aurons de quoi rire
de nos jeunes terreurs
sans faiblir nous aurons
parcouru la prairie

et nous regarderons
l’horizon se mirer
dans les sources du vent

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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Froide et noire petite ville (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



froide et noire petite ville
tes murailles depuis mil ans
rêvent à des assauts sanglants
mais ce n’est qu’une automobile

qui longe tes flancs en ronflant
dans l’estaminet le sourire
de la serveuse aux seins de cire
se fait triste au fond du soir lent

au beffroi bleuté de brouillard
l’horloge aigre sonne le quart
d’une heure à jamais inconnue

le dernier buveur dit salut
à la fille qui se prépare
à dormir là-haut seule et nue

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Vincent Van Gogh

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CE N’EST JAMAIS LE MOMENT (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



 

CE N’EST JAMAIS LE MOMENT

ce n’est jamais le moment
de s’arrêter dans la vie
c’est une affaire d’argent
ou d’amour ou de pari
mais les mouettes reviennent
avec l’hiver et leurs ailes
ressemblent aux demoiselles
qui patinent sur la glace
des canaux d’un autre siècle
et sourient au temps qui passe

dans les yeux de l’adolescente
on voit l’ombre gagner la lande
on voit les prochaines amours
s’étreindre et les ans mourir
on voit les voiles des navires
s’éloigner vers la fin des jours
on voit la mer qui se retire
le ciel s’assombrir et l’été
s’effacer à tout jamais
on voit l’hiver enfin s’étendre
et redessiner la Hollande

nous marchons sur les plages blanches
où l’écume et la neige fondent
sur le sable, dimanche
a des ciels comme des semaines

et les enfants rouges qui aiment
les ballons plus ronds que le monde
écoutent monter la marée
très loin dans la brume des îles
voyagent au large des villes

(Jean-Claude Pirotte)

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Il y avait des soirs (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



il y avait des soirs où je fredonnais
le thème inaugural de la simple symphony
de Benjamin Britten et dans l’ombre
d’une vieille montagne aux sommets arasés
je marchais d’un pas vif, d’une allure
aisée de patricien d’un siècle englouti
j’ignorais tout des querelles du monde
je ne voulais rien savoir de la présence des tombes
qui cherchent à murmurer leur histoire obscure

mais j’entendais partout comme une réponse
venue de ma propre voix si distraite et si sourde

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: David Caspar Friedrich

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L’histoire du bonheur (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



l’histoire du bonheur
est une histoire triste
il était une fois
ce qui ne fut jamais

la belle au bois dormant
chaque matin s’éveille
elle est belle mais vieille
et souffre d’insomnies

chaque prince charmant
qui passe la supplie
d’enfin se rendormir
(ou de faire semblant)

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gustave Doré

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Alea (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



Alea

on ne renonce pas à l’enfance
l’air a toujours goût de guimauve
sur nos lèvres que le baiser
d’une femme a teintées de mauve

c’est à renier que l’on se plaît
toutes les amours sont candides
on les chante sans y penser
on les rêve sans une ride

on les oublie dans les vergers
où nous attire la maraude
or Éros ou Pan maraudeurs
fantômes qui déjà rôdent

se préparent à nous gorger
de violents liquides amers
et de fruits dont les sucs pervers
souilleront la toge prétexte

nous découvrirons sans le texte
le sens d’alea jacta est

(Jean-Claude Pirotte)

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Le soleil froid (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



le soleil froid
la vitre éteinte
le jeu de l’oie
le chat perché
le gel l’empreinte
de tes péchés

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Rien ne m’habite que le vide (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



rien ne m’habite que le vide
mais le vide peut occuper
aucune parole aucun sourire
occupé je suis latitant

voudrais-je nourrir l’habitant
de ma seule haleine putride
et que me soit compté l’effort
d’enfin me vouer au silence

dans l’obscur de la chambre forte
riche de pure ignorance

(Jean-Claude Pirotte)

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