Arbrealettres

Poésie

Archive for 22 octobre 2016

(Himalaya) (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016




(Himalaya)

assise solitaire
comme un grand savant qui tient ouvert sur ses genoux
quelque livre ancien aux innombrables pages de pierre …

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Nicolas Roerich

 

 

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Frère, nul n’est éternel et rien ne dure (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



 

Frère, nul n’est éternel et rien ne dure.
Frère, garde ceci dans ton coeur et réjouis-toi.

(Rabindranath Tagore)

 

 

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L’oiseau captif est dans une cage, l’oiseau libre dans la forêt (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



 

L’oiseau captif est dans une cage,
l’oiseau libre dans la forêt.
Quand le temps est venu,
au jour décidé par le sort,
ils se rencontrent.
L’oiseau libre dit : « Viens, mon amour, envolons-nous ensemble vers les bois. »
L’oiseau captif supplie : « Viens auprès de moi, et demeurons ensemble dans cette cage. »
L’oiseau libre dit : « Entre des barreaux, comment ouvrirais-je mes ailes ? »
« Hélas! dit l’oiseau captif, dans le ciel, je ne saurais où me poser. »

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Doortje

 

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La princesse dort (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



 

La princesse dort,
étendue sur le rivage lointain
des sept mers infranchissables.
Il n’y a que moi au monde
qui puisse la trouver …

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Adolphe La Lyre

 

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L’arbre (Fernando Arrabal)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



L’arbre se réfugia dans la feuille, la maison
dans la porte et la ville dans la maison.
Et je me promenais en contemplant ce spectacle,
et je voyais encore que l’arbre était devenu une feuille,
la maison une porte et la ville une maison.
Voilà pourquoi je devais faire des efforts
pour ne pas me cacher dans mes mains.

(Fernando Arrabal)


Illustration

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Emporte-moi, lumière (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



 

Emporte-moi, lumière,
jusqu’à l’oubli du songe
d’être né…

(André Velter)

Illustration

 

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MALGRE TOUT (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



Daniel F. Gerhartz  [1280x768]

MALGRE TOUT

JE sens la bonne odeur des vaches dans le pré ;
Bétail, moissons, vraiment la richesse étincelle
Dans la plaine sans fin, sans fin, oit de son aile
La pie a des tracés noirs sur le ciel doré.

Et puis, voici venir, belle toute à mon gré,
La fille qui ne sait rien de ce qu’on veut d’elle
Mais qui est la plus belle en la saison nouvelle
Et dont le regard clair est le plus adoré.

Malgré tous les travaux, odeurs vagues, serviles,
Loin de la mer, et loin des champs, et loin des villes
Je veux l’avoir, je veux, parmi ses cheveux lourds,

Oublier le regard absurde, absurde, infâme,
Enfin, enfin je veux me noyer dans toi, femme,
Et mourir criminel pour toujours, pour toujours

(Charles Cros)

Illustration: Daniel F. Gerhartz

 

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La tête à l’envers (Corinne Albaut)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



Au pôle Nord
c’est clair,
on a la tête en l’air.

C’est pourquoi
les Esquimaux
se sont installés là-haut.

Au pôle Sud,
je crois,
on a la tête en bas
c’est pour cela
que les gens n’y vont pas.

(Corinne Albaut)

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Monsieur interroge Monsieur (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



Monsieur interroge Monsieur

Monsieur, pardonnez-moi
de vous importuner
quel bizarre chapeau
vous avez sur la tête !

-Monsieur vous vous trompez
car je n’ai plus de tête
comment voulez-vous donc
que je porte un chapeau !

– Et quel est cet habit
dont vous êtes vêtu ?

– Monsieur je le regrette
mais je n’ai plus de corps
et n’ayant plus de corps
je ne mets plus d’habit.

– Pourtant lorsque je parle
Monsieur vous répondez
et cela m’encourage
à vous interroger :

-Monsieur quels sont sont ces gens
Que je vois rassemblés
Et qui semblent attendre
Avant d’avancer ?

-Monsieur ce sont des arbres
Dans une plaine immense
Ils ne peuvent pas bouger
Car ils sont attachés.

-Monsieur Monsieur Monsieur
Au-dessus de nos têtes
Quels sont ces yeux nombreux
Qui dans la nuit regardent ?

-Monsieur ce sont des astres
Ils tournent sur eux-mêmes
Et ne regardent rien.

-Monsieur quels sont ces cris
Quelque part on dirait
On dirait que l’on rit
On dirait que l’on pleure
On dirait que l’on souffre ?

-Monsieur ce sont les dents
Les dents de l’océan
Qui mordent les rochers
Sans avoir soif ni faim
Et sans férocité.

– Monsieur quels sont ces actes
ces mouvements de feux
ces déplacements d’air
ces déplacements d’astres
roulements de tambour
roulements de tonnerre

on dirait des armées
qui partent pour la guerre
sans avoir d’ennemi ?

– Monsieur c’est la matière
qui s’enfante elle-même
et se fait des enfants
pour se faire la guerre.

-Monsieur soudain ceci
soudain ceci m’étonne
il n’y a plus personne
pourtant moi je vous parle
et vous, vous m’entendez
puisque vous répondez !

– Monsieur ce sont les choses
qui ne voient ni entendent
mais qui voudraient entendre
et qui voudraient parler.

– Monsieur à travers tout
quelles sont ces images
tantôt en liberté
et tantôt enfermées
cette énorme pensée
où des figures passent
où brillent des couleurs ?

– Monsieur c’était l’espace
et l’espace
se meurt.

(Jean Tardieu)


Illustration

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URGENCE (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



 

URGENCE

Du temps a passé sur les braises et les cendres.
On a remis les dieux aux calendes
sans penser qu’ils n’étaient
que flambeaux pour irriter le vide.

Mortelle éternité on dirait
qu’il manque des statues et des temples
où jeter les fleurs coupées,
on dirait qu’il manque une peur.

Où aller?
Désir violent et douloureux
de déserter,
d’atteindre une mémoire blanche.

Comme suis saturé d’urgence
je me tue à tuer le temps
à cramer cartes ou gants
dans le cendrier de la chance.

Je voudrais vivre à l’heure du feu
sans secret ni attente —
être tout entier dans l’éphémère qui brûle
son linceul de mystère…

(André Velter)

Illustration: Didier Traulle

 

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