Arbrealettres

Poésie

Archive for 6 novembre 2016

MÉMOIRE D’ABOLIE (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016


 


 

Hu Jundi fo1_500 [1280x768]

MÉMOIRE D’ABOLIE

Je désire ce lieu silencieux où t’inscrire avec les
plumes de ma bouche
en grand oiseau de nuit dont la blancheur ne se
confond jamais avec le noir

Je désire la tour cardinale où tu brûles sans cesse,
la pierre dont tu es soleil pour lui pour elle uniquement,
l’indifférence dévastée, la solitude éclose en végétal
je désire un désir météore.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration: Hu Jundi

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Après le millénaire (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Notre vrai texte
c’est en déchiffrant une patte d’oiseau sur l’ornière.
On sent vieillir des riens:
la solitude entre miroir et chaise.

La peau son histoire secrète
larmes et pain

lieu de bêtes lieu d’eau
vivant au familier de nous.

La bouche imprime sur la paume
de ces baisers qui laissent
une trace de rouge.

La route luit fugace à la fenêtre et dans la glace.

Après le millénaire, viendra l’ange
qui enveloppera notre terre
dans un pétale aux douceurs de paupière,
et donnera cet oeil secret
à la tendresse du prophète.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration: Sabin Balasa

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au crépuscule (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Au crépuscule
se lève une incarnation de notre impalpable emblavure du monde.

Abolie la distance entre nuage et nous.

L’intimité du sang avec la sève
se tisse à la lueur des meubles.

Notre corps la fleur et le dieu
tout est compact.

(Marie-Claire Bancquart)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHERCHE — TERRE (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



 

Rafal Olbinski  lb7 [1280x768]

CHERCHE — TERRE

En tout amour
se meurt
une vitesse qui ne dit son nom

Ce serait une chambre meublée à la verticale
Avec la porte en orbite pour lune
Et des lits à aimer debout
Dans la douceur des couvertures

Une conjonction si éclatante
Que l’amour libéré vaudrait une énergie dans les planètes
Millénaires en avance

On vivrait préhistoriens de l’avenir
Assis dans la chambre
Ou debout pour aimer et voir
Les cathédrales de fumée tirant Dieu vers les astres

A la perpendiculaire d’océans
Le miroir de poissons réfléchirait l’image de nos villes.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration: Rafal Olbinski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Contemplant notre terre (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Contemplant notre terre
comme puits à tessons
où le dieu moins eut permission du dieu un peu moins
pour en finir avec le bris de sa création maladroite
nous attendons le bang inverse
qui nous fera passer vers l’étoile de mer.

Et le plus vrai de notre vie
s’attache au carrelage abîmé de la cuisinière
où nous avons brûlé ce soir nos lettres d’amour.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

JARDINS DE TOI (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




JARDINS DE TOI

En l’absence de toi se reconstruit sous les jardins
une éloquence de la pourriture,
pomme décalquée vers absence de pomme,
rivière vers infiltration moisie.

Debout,
devant les pierres,
tu sens l’éponge de ta voix grossir jusqu’à l’étouffement.

Silence : des choses à l’homme, de l’homme aux choses.

Inversion de toi sous la terre, très doucement.

Approche. Ouvre vers corruption de pomme et d’eau
ta bouche aux dents intactes.

Un lièvre scelle des écorces dans l’humus.

Sous le grand visage hétérogène du ciel,
les cytises veillent ta métamorphose.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il se fait tard (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Il se fait tard

Nous n’avons pas beaucoup gagné
sur la transparence.

Peut-être cependant avons-nous déserté l’inutile
fait naître une abeille sur le mystère
appris que le blé noir fleurit avec l’éclat du lait.

(Marie-Claire Bancquart)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aimer (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



 

Aimer.

Ce sera un mot sans suite.

Mais il aura été écrit, dans un moment lui-même ineffaçable
du grand calendrier que nous ne connaissons pas.

(Marie-Claire Bancquart)

Découvert ici: La Bouche à Oreilles

Illustration: David Brayne

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Dieu-lune (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Dieu-lune
enveloppant de vent les hautes branches
attire un corps dans la rue verte du sommeil.

Des choses bougent
imperceptiblement et nous soulagent
d’être cette chair toute seule
qu’une force remue
par le dedans.

Une patte d’étrange
s’engage à travers les volets.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si nous étions les buis d’une divinité (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



… Si nous étions les buis d’une divinité
sculptés avec tendresse, au ciseau doux ?
Le sombre à l’intérieur de nous
sortirait en feuilles minimes
serrées
d’odeur profonde…

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration: Danielle Decollonge

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :