Arbrealettres

Poésie

Archive for 12 novembre 2016

Quel beau feu clair (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Quel beau feu clair
vous avez allumé au carrefour de ma vie,
quel beau feu clair.

Et comme sa pure force assouvie
fait trembler l’air!

(Rilke)


Illustration

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Une caresse brève parcourt le ciel ébloui (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Sous le soupir de l’amie
toute la nuit se soulève,
une caresse brève
parcourt le ciel ébloui.

C’est comme si dans l’univers
une force élémentaire
redevenait la mère
de tout amour qui se perd.

(Rilke)


Illustration: Josephine Wall

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Un temple pur (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016


 

Cette chapelle, à travers les âges,
relie d’anciens dieux aux dieux futurs,
et l’ancien noyer, cet arbre-mage,
offre son ombre comme un temple pur.

(Rilke)

Illustration

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Par trop de présence (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016


chandelle

 

C’est le paysage longtemps, c’est une cloche,
c’est du soir la délivrance si pure;
mais tout cela en nous prépare l’approche
d’une nouvelle, d’une tendre figure…

Ainsi nous vivons dans un embarras très étrange
entre l’arc lointain et la trop pénétrante flèche:
entre le monde trop vague pour saisir l’ange
et Celle qui, par trop de présence, l’empêche.

(Rilke)

 

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Vergers (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016


d544

Nul ne sait combien ce qu’il refuse,
l’Invisible, nous domine, quand
notre vie à l’invisible ruse
cède, invisiblement.

Lentement, au gré des attirances
notre centre se déplace pour
que le coeur s’y rende à son tour:
lui, enfin Grand-Maître des absences.

(Rilke)

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La pomme (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Tout se passe à peu près comme
si l’on reprochait à la pomme
d’être bonne à manger.
Mais il reste d’autres dangers.

Celui de la laisser sur l’arbre,
celui de la sculpter en marbre,
et le dernier, le pire:
de lui en vouloir d’être en cire.

(Rilke)

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Heureuse rose (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce coeur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche.

(Rilke)

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Tout ce qui arrive (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Tout ce qui arrive
pose
un masque sur notre figure qui n’ose
jamais être définitive.
Ainsi nous passons pendant que la vie nous déguise.
Et cette figure étrange
dont personne ne s’avise,
sera-t-elle un jour la surprise
des Anges?

(Rilke)

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Le Masque (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Le Masque

Ce matin, en entrant dans ma chambre,
j’avais oublié ta présence:
masque de femme orientale
fait par un grand sculpteur.
Frayeur sacrée de trouver là
où on se croit seul plus que figure.
Et de sentir que la mienne
te contemplant,
face comblée,
ne saurait t’égaler.

(Rilke)


Illustration

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Byblis (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016




Ceux qui sont aimés mènent une vie difficile et pleine de dangers.
Ah, que ne se surmontent-ils pas pour aimer à leur tour ?
Autour de celles qui aiment il n’est que sécurité.
Plus personne ne les soupçonne
et elles-mêmes ne sont plus capables de se trahir.
En elles le secret est devenu intangible.
Elles le clament tout entier comme des rossignols,
il ne se divise pas.
Leur plainte ne vise qu’un seul ;
mais la nature entière y joint sa voix ;
c’est la plainte sur un être éternel.
Elles se jettent à la poursuite de celui qu’elles ont perdu,
mais dès les premiers pas, elles l’ont dépassé,
et il n’y a plus devant elles que Dieu.
Leur légende est celle de Byblis qui poursuit Caunos jusqu’en Lycie.
La poussée de son cœur lui fit parcourir des pays innombrables
sur les traces de celui qu’elle aimait,
et finalement elle fut à bout de forces.
Mais si forte était la mobilité de son être que
lorsqu’elle s’abandonna,
par delà sa mort elle reparut en source,
rapide, en source rapide.

(Rilke)

 
Illustration: William Bouguereau

 

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