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Poésie

Archive for 14 novembre 2016

La toile des branches nues (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



La toile des branches nues

La toile des branches nues
a pris au piège
le ciel d’un bleu d’hiver
brillant de gel et de silence

comme sont pures
les apparences
qui se présentent
avec l’autorité de l’origine
dans leur parfaite solitude
dans leur oubli
leur transparence
ouvertes
sur l’odeur de l’hiver
l’azur d’un autre règne
semblable au rien de la lumière

d’où vient alors l’éclat
l’autorité
l’humilité de cette absence ?

(Jean Mambrino)

 

 

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Le torrent (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Le torrent

Le torrent murmurant de la montagne
est la langue du Sans-nom
large et longue
et la montagne
en ses couleurs changeantes
évoque son corps pur
un million d’oiseaux
répètent
la même voyelle
qui efface le murmure
de la montagne
où pourtant brille seul et nu
le torrent
et cet éclat sur la cime de l’aube
que nul n’a vu
large ouverte est la grille
mais le paysage désert.

(Jean Mambrino)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Ce couple de papillons (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



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Ce couple de papillons

Ce couple de papillons
qui s’étreignent en vol
traverse un ruisselet
de brise et de lumière
pour se fondre dans l’ombre
des feuilles remuées

étincelles
miettes d’éclairs
traces de ce qui n’est

pas

tu ne peux toucher
cette matière belle
dont la fumée d’or
tisse sa continuelle
absence

l’étoffe frémit
immobile
reflet
de ton regard

sur la moindre dérive
de brise ou de pensée
traverse ton regard

pour que ton âme palpe
de ses élytres
le pollen noir
de la lumière.

(Jean Mambrino)

 

 

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L’aube s’ouvre aussi (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



L’aube s’ouvre aussi

L’aube s’ouvre aussi
sur les larmes
une tristesse
un ruissellement irrésistibles
l’effacement absolu des choses
des pensées
car le regard heurte ces larmes
sans issue

nulle trouée dans le coeur
ni dans les pins
le ciel d’un blanc obscur
suinte sur les feuillages
qui s’enfoncent à l’infini
parmi la brume
le coeur aussi seul
irrémédiablement définitivement
seul
que le pépiement de cet oiseau
perdu dans le brouillard

ce n’est pas un chant
pas même un appel
juste un faible cri
au milieu de l’abîme du monde

il ne saura jamais qu’un coeur
l’a recueilli.

(Jean Mambrino)

 

 

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A l’angle de la terrasse (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



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A l’angle de la terrasse

A l’angle de la terrasse
plongeant sur la vallée
une touffe de chardons bleus
que courtise une constellation
d’abeilles

le bourdonnement épouse
la cime des arbres
éclaire les monts noirs
qui veillent
presque au-delà de la pensée

il y a une ombre bleue
au cour de ces petits soleils d’épine
comme ils se tendent
comme ils fulgurent
parmi les feuilles que la lumière argente!

l’évidence de cet instant
est si violente
les chardons bleus mêlés à la
cime des arbres
les bourdons sur la vallée
les montagnes aussi visibles que la mort

si violente
qu’elle ouvre le temps
sur un autre espace
où la distance est devenue
l’étreinte
où le temps a l’immobilité
de l’extase
où l’extase déborde ruisselle
passe sans cesse de l’autre côté
d’elle-même

et le coeur devient lumière
dans la lumière
se perd dans la naissance
de la lumière
meurt de renaître

un bourdon passe
efface la vision
car tout se passe
ici

(Jean Mambrino)

Illustration

 

 

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Les forêts de l’aube (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Les forêts de l’aube

Les forêts de l’aube
toujours lentes et calmes
montent vers les montagnes sombres
envahies par le silence
d’un autre monde
d’un autre temps

le chant des coqs dans la distance
raye par instant l’espace
permet au coeur de mesurer
la transparence de l’étendue

le grand ciel de nuages
aveuglé par son éclat
filtre les pépiements d’oiseaux
les assourdit les espace
le coeur de nouveau rencontre
ce qui l’attendait

les couleurs un peu passées
les lignes pures
l’odeur des feuilles endormies
les courants d’ombre et de lumière
qui murmurent
nous sommes je suis là
au rendez-vous

mais le coeur aussi frémit
à cette pensée
cette intention

avoue murmure aussi
je suis nous sommes là
au rendez-vous.

(Jean Mambrino)

 

 

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Que vois-je sans cesse (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Que vois-je sans cesse

Que vois-je sans cesse
apparaître
se montrer
se dissimuler à l’intérieur
de sa présence

surgir
non pas comme
venant de loin
mais comme là
depuis toujours
et que soudain on voit

présent
mais dans une brume de lumière
comme à distance
de son être
décalé avec art

apparaître dans l’être

être-à part ?

(Jean Mambrino)

Illustration: Karen L’Hemeury

 

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L’heure est si grande (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



L’heure est si grande

L’heure est si grande
l’ampleur du jour
saturé de lumière
la cérémonie de l’espace

quelques chants d’oiseaux
soutiennent la voûte ouverte
sur l’ouverture infinie

je vois une nuit
derrière le ciel
et derrière la nuit
un autre ciel
plein d’étoiles
silences sur silences
plus véhéments
qu’un cri

à la mesure
de l’heure grande.

(Jean Mambrino)

 

 

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Cet arbuste inconnu (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



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Cet arbuste inconnu

Cet arbuste inconnu
aux longues fleurs rouges
parmi les feuilles dentelées
danse dans le vent
avec les nuages et la lumière

que sait-il

il communie au souffle
il répond et résonne

il est plein d’un sens
que je ne puis traduire

il efface chaque signe
qu’il me fait
la révélation qu’il me fait
de lui-même

pur signal éclatant
pour personne.

(Jean Mambrino)

Illustration

 

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Visages (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



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Visages

Visages
changeants secrets
paysages de chair et de nuages
dont le soleil n’est jamais vu

brusquement
illuminés
ou plongés dans l’ombre

que les yeux sans fin parcourent
ou les lèvres ou les mains
en s’y perdant toujours

et même quand l’être entier s’y abîme
paysages tourmentés cruels
saturés de douceur et de larmes
que traversent des chants des cris
des appels

paysages déserts
couleur d’absence et de nuages
où traînent des reflets
d’une lumière inconnue

lointaine
d’une autre espèce que le visage
juste posée sur cet amer paysage
vraiment venue d’ailleurs

et qui pourtant lui ressemble.

(Jean Mambrino)

 Illustration

 

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