Arbrealettres

Poésie

Quand je contemple ma main (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Penchée sur soi

Quand je contemple ma main
— Objet étranger qui me ressemble —
Je ne suis dans aucun pays,
Je ne suis soumise à aucun présent, aucun ici,
Je ne suis soumise à rien.

C’est comme si je devais braver l’univers,
Lequel peut bien passer impassible,
Sauf que plus aucun signe ne doit advenir.

Si je contemple ma main,
Qui m’est étrangement semblable,
Et une autre chose pourtant.
Est-elle plus que ce que je suis,
A-t-elle un sens plus éminent ?

***

In sich versunken

Wenn ich meine Hand betrachte
— Fremdes Ding mit mir verwandt —
Stehe ich in keinem Land,
Bin an kein Hier und Jetzt
Bin an kein Was gesetzt.

Dann ist mir als sollte ich die Welt verachten,
Mag doch ruhig die Zeit vergehen,
Nur sollen keine Zeichen mehr geschehen.

Betracht ich meine Hand,
Unheimlich nah mir verwandt.
Und doch ein ander Ding.
Ist sie mehr als ich bin
Hat sie höheren Sinn?

(Hannah Arendt)

 

 

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