Arbrealettres

Poésie

Archive for 24 novembre 2016

La vraie vie n’existe pas (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



 

La vraie vie n’existe pas,
l’autre, la pas vraie,
aux soirs d’hirondelles mentales,
suffit.

(Paol Keineg)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Christian Schloe

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Comments »

Menez Hom (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



menez-hom-800x600

Menez Hom

Les pierres ont forme de hache et de soc
L’herbe est rase l’arbre rare
Ici le ciel est un miroir sans visage

Je me fraye un chemin vers les sommets
Les bras chargés d’électricité
Le mont lance son ovation de ruines
Il ne vit pas
Nul souvenir nulle innocence
Une réponse de pierre splendide
Au chaos de nos quêtes
Une esplanade transparente
Une couleur d’herbes sèches

Les pierres ont forme de hache et de soc
Et dans la plaine
Le Menez Hom lave ses peaux de bruyère.

(Paol Keineg)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LA MENACE (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



LA MENACE

Vous aimerez un jour peut-être ce visage
Qui vous plaît aujourd’hui
Par le trouble, le mal, l’angoisse et le ravage
Que vous faites en lui.
Car vous aurez alors pour l’œuvre de vos charmes
Un douloureux regret
Et ce temps vous verra maudire avec des larmes
Ce que vous aurez fait.
À ces yeux détournés, à cette bouche lasse,
Vous chercherez en vain
Que l’amer souvenir disparaisse et s’efface
De votre long dédain.
A moins que par orgueil, luttant contre vous-même
Vous vous disiez tout bas :
Que m’importe qu’il souffre et qu’il pleure et qu’il m’aime
Puisque je n’aime pas ?
Et, pour de cette image importune et morose
Éloigner votre esprit
Vous cueillerez l’odeur de la plus rouge rose
Que Juin gonfle et mûrit.
Vous penserez à vous et à votre jeunesse
Et à votre beauté.
À la langueur, à la couleur, à la tendresse
De ce beau ciel d’été.
À des pays lointains, à des villes lointaines
Au-delà de la mer.
À des palais, à des jardins, à des fontaines
Qui s’élèvent dans l’air.
Vous fermerez en vain sur ces beaux paysages
Vos yeux, et malgré vous
Vos yeux se rouvriront pour revoir ce visage
Qui vous sera plus doux,
Plus doux que le printemps et plus doux que l’automne,
Que la terre et le ciel,
Plus doux que cette lune ardente, courbe et jaune,
Couleur d’ambre et de miel

***

THE THREAT

Perhaps one day you will like this face
That pleases you today
For the trouble, the harm, the anguish and the havoc
You make in it.
For then you would have as the work of your charms
Painful regret
And this time will see you tearfully curse
What you have done.
From these eyes turned aside, from this tired mouth,
You will in vain try to make
The bitter memory disappear and fade away
Of your long disdain.
Unless through pride, struggling against yourself
You say under your breath:
What if he suffers and if he weeps and if he loves me
Since I do not love him?
And, from this importunate and gloomy image
To distance your mind,
You will gather the fragrance of the reddest rose
That June swells and matures.
You will think of yourself and your youth
And of your beauty.
Of the languor, of the colour, of the tenderness
Of this beautiful summer sky.
Of distant countries, of distant cities
Beyond the sea,
Of palaces, of gardens, of fountains
That rise into the air.
In vain to these beautiful landscapes will you close
Your eyes, and despite yourself
Your eyes will open again to see this face
That will be gentler to you,
Gentler than spring and gentler than autumn,
Than the earth and the sky,
Gentler than this ardent moon, crescent and yellow,
The colour of amber and of honey.

(Henri de Régnier)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si quelquefois tu pleures (Georges Ville)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



 

Si quelquefois tu pleures

Si quelquefois tu pleures,
Cherche-moi près de toi,
J’y serai.

Mais aux divines heures
De ta joie, est-ce moi
Qui viendrai ?

Oh ! Va, sois rassurée !
Quand la dernière larme
Aura lui,
Comme une ombre égarée
Que le grand jour alarme,
J’aurai fui.

***

If at times you cry

If at times you cry,
Look for me close by:
I shall be there.

But at the divine hours
Of your joy, is it I
Who shall come?

Oh! Come, be reassured!
When the last tear
Shall have shone,
Like a lost shadow
That daylight upsets,
I shall have fled

(Georges Ville)

Illustration: Simone Longobardi 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cœur en péril (René Chalupt)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



Cœur en péril

Que m’importe que l’Infante de Portugal
Ait le visage rond ou bien ovale
Et une cicatrice sous le sein droit,
Qu’elle ait l’air d’une fille de roi
Ou d’une gardeuse d’oies,
Que m’importe ?

Peu me chaut que la princesse de Trébizonde
Soit rousse, châtaine ou blonde,
Qu’elle ait l’humeur prompte et le verbe haut
Peu me chaut.

Point n’ai souci que la marquise de
Carabas Soit veuve et veuille reprendre mari
Pour faire ici-bas son paradis !
Point n’ai souci !

Mais il suffit, jeune étourdie,
Du seul clin d’un de vos yeux moqueurs
Aux reflets irisés
Pour que mon pauvre cœur
Batte à se briser.

***

Heart in Peril

What do I care that the Infanta of Portugal
Has a round face, or an oval one
And a scar beneath her right breas,
That she looks like the daughter of a king
Or a goose-keeper,
What do I care?

It little bothers me that the Princess of Trebizond
Is a redhead, brunette or blonde;
That she has a ready mind and proud words
Little bothers me.

I couldn’t care if the Marquess of Carabas
Is a widow and wants to marry again
To make her paradise here below!
I couldn’t care!

But it is enough, silly young thing,
That one of your mocking eyes gives a single wink
With its iridescent reflections
For my poor heart
To beat fit to burst.

(René Chalupt)

Illustration: Tamara de Lempicka

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’Heure du retour (René Chalupt)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



L’Heure du retour

Une bise aigre et monotone
Fait grincer les girouettes des maisons ;
Des nuages gris s’entassent à l’horizon.
Ton pas froisse des feuilles mortes et l’automne
A chassé les hirondelles de ton toit.
Voyageur, voyageur,
Ne vois-tu qu’il est l’heure
De rebrousser chemin et de rentrer chez toi ?
Ne vois-tu qu’il est l’heure ?

Les écus d’or et les maravédis
Qui, lorsque tu partis, chargeaient ton escarcelle,
Dis-moi dans quel tripot tu les perdis,
Pour les baisers de quelle jouvencelle
Qui t’engeigna et te montra du doigt ?
Voyageur, voyageur,
Ne vois-tu qu’il est l’heure
De rebrousser chemin et de rentrer chez toi ?
Ne vois-tu qu’il est l’heure ?

Tes yeux, me semble-t-il, ont besoin de lunettes.
Sur tes tempes voici des cheveux gris.
Ton épouse, que si souvent tu fis cornette,
T’attend sans un soupçon et de loin te sourit.
Et le vin de ta cave honorerait un roi.
Voyageur, voyageur,
Ne vois-tu qu’il est l’heure
De rebrousser chemin et de rentrer chez toi ?
Ne vois-tu qu’il est l’heure ?

***

Time to return

The North Wind, harsh and monotonous
Makes the weathercocks squeak on the houses;
Grey clouds build up on the horizon.
Your step crumples the dead leaves and autumn

Has chased the swallows from the roof.
Traveller, traveller,
Don’t you see it is time
To head back and return home?
Don’t you see it’s time?

Golden crowns and maravedis
That when you left were heavy in your purse,
Tell me in what dive you lost them,
For the kisses of what young maiden
Who tricked you and mocked you.
Traveller, traveller,
Don’t you see it is time
To head back and return home?
Don’t you see it’s time?

I think your eyes need spectacles.
On your temples there are grey hairs.
Your wife, whom so often you wimpled,
Waits for you without suspicion and smiles at you from afar,
And the wine from your cellar would honour a king.
Traveller, traveller,
Don’t you see it is time
To head back and return home?
Don’t you see it’s time?

(René Chalupt)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Favorite abandonnée (Li-Î)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



femme-estampe-0

Favorite abandonnée

Sous la lune le palais résonne
Des sons des luths et des chansons.
Il me semble que l’on a rempli
La clepsydre de la mer entière
Pour faire que cette longue nuit
Ne finisse jamais pour moi.

***

The Abandoned Favourite

Under the moon the palace resounds
To the sound of lutes and songs.
It seems to me someone has filled
The clepsydra with all the sea-water
So that this long night
Never finishes for me

(Li-Î)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE FLEUR DONNÉE À MA FILLE (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



 

UNE FLEUR DONNÉE À MA FILLE

Frêle est la rose, et frêles les mains de celle qui l’a donnée,
Dont l’âme est flétrie et plus pâle
Que l’onde blême du temps.
Rose frêle et belle – très frêle cependant.
Tu caches dans tes yeux doux un étonnement farouche
Mon enfant aux veines bleutées.

***

A FLOWER GIVEN TO MY DAUGHTER

Frail the white rose and frail are her hands that gave,
Whose soul is sere and paler
Than time’s wan wave.
Rose frail and fair yet frailest.
A wonder wild in gentle eyes thou veilest
My blue veined child.

(James Joyce)

Illustration: Eugène Begarat

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

JAZZ DANS LA NUIT (René Dommange)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



jean-luc-lopez-jazz-solo-de-saxo-800x600

JAZZ DANS LA NUIT

Le bal, sur le parc incendié,
Jette ses feux multicolores,
Les arbres flambent, irradiés,
Et les rugissements sonores

Des nègres nostalgiques, fous,
Tangos nerveux, cuivres acerbes,
Étouffent le frôlement doux
Du satin qui piétine l’herbe.

Que de sourires épuisés,
À l’ombre des taillis complices,
Sous la surprise des baisers
Consentent et s’évanouissent…

Un saxophone, en sanglotant
De longues et très tendres plaintes,
Berce à son rythme haletant
L’émoi des furtives étreintes.

Passant, ramasse ce mouchoir
Tombé d’un sein tiède, ce soir,
Et qui se cache sous le lierre ;
Deux lèvres rouges le signèrent,

Dans le fard, de leur dessin frais.
Il te livrera, pour secrets,
Le parfum d’une gorge nue
Et la bouche d’une inconnue.

***

JAZZ IN THE NIGHT

The ball in the blazing park
Hurls its multicoloured flames,
The trees are on fire, radiating,
And the resounding roars

Of the mad, nostalgic Negroes,
Edgy tangos, biting brass,
Stifle the soft caress
Of satin that tramples the grass.

How many exhausted smiles,
In the shade of the complicit shrubbery,
Beneath the surprise of the kisses
Give way and faint…

A saxophone, as it sobs
Long and so tender lamentations,
Cradles to its breathless rhythm
The turmoil of furtive embraces.

You who pass by, pick up this handkerchief
Fallen from a warm bosom, this evening,
And that is hidden beneath the ivy;
Two red lips signed it,

With rouge, with their fresh outline.
It will give you for secrets
The perfume of a bare neck
And the mouth of a fair unknown.

(René Dommange)

 Illustration: Jean-Luc Lopez

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En s’adonnant à l’étude, on s’accroît chaque jour (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



En s’adonnant à l’étude,
on s’accroît chaque jour.
En se consacrant à la voie,
on diminue chaque jour.
Et l’on continue de diminuer
jusqu’au jour où l’on cesse d’agir.

N’agissant plus,
il n’est rien,
désormais,
qu’on ne puisse accomplir.

La conduite du royaume
revient
à qui demeure au-dessus de l’action.

Celui qui lutte
pour gagner le royaume
ne l’obtient jamais.

(Lao Tseu)

Illustration

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :