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Poésie

Archive for 28 novembre 2016

C’est la graine d’un lis qui ayant fleuri, fleurira à nouveau (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



La floraison du bâton

[10]
Il est folie de dire
vous tomberez, vous les grandes cités,

(à présent les cités sont brisées) ;
ce n’est ni tragédie, ni prophétie

d’une Prêtresse figée,
d’une Pythonisse solitaire

qui chante, psalmodie
en hexamètres brisés,

ruine, ruine des portes de la cité,
des chefs, des royaumes ;

c’est un simple calcul, algébrique,
c’est de la géométrie en vol,

sans dessin, une gentiane
dans un miroir de glace,

c’est pourtant, si tu veux, un lis
plié telle une pyramide,

un cône de fleurs,
pas un tas de crânes ;

c’est un lis, si tu veux,
chaque pétale, un royaume, éternité,

et c’est la graine d’un lis
qui ayant fleuri,

fleurira à nouveau ;
c’est cette plus petite des graines,

un des plus petits grains qui soit
qui produit des branches

ou se reposent les oiseaux ;
c’est ce baume florissant,

c’est tout-guérison,
à jamais ;

c’est la plus grande des herbes
et devient arbre.

***

a lonely Pythoness
It is no madness to say

you will fall, you great cities,
(now the cities lie broken) ;

it is not tragedy, prophecy
from a frozen Priestess,

who chants, who sings
in broken hexameters,

doom, doom to city-gates,
to rulers, to kingdoms;

it is simple reckoning, algebraic
it is geometry on the wing,

not patterned, a gentian
in an ice-mirror,

yet it is, if you like, a lily
folded like a pyramid,

a flower-cone,
not a heap of skulls;

it is a lily, if you will,
each petal, a kingdom, an aeon,

and it is the seed of a lily
that having flowered,

will flower again;
it is that smallest grain,

the least of all seeds
that grows branches

where the birds rest;
it is that flowering balm,

it is heal-all,
everlasting;

it is the greatest among herbs
and becometh a tree.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Lectures transatlantiques (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016


condor

Ramper avec le serpent
se glisser parmi les lignes
rugir avec la panthère
interpréter moindre signe
se prélasser dans les sables
se conjuguer dans les herbes
fleurir de toute sa peau

Plonger avec le dauphin
naviguer de phrase en phrase
goûter le sel dans les voiles
aspirer dans le grand vent
la guérison des malaises
interroger l’horizon
sur la piste d’Atlandides

Se sentir pousser des ailes
adapter masques et rôles
planer avec le condor
se faufiler dans les ruines
caresser des chevelures
brûler dans tous les héros
s’éveiller s’émerveiller

(Michel Butor)

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Quel fruit est notre réserve, quelle fleur ? (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



basilic-sacre1

Les murs ne tombent pas
[26]

Quel fruit est notre réserve,
quelle fleur ?

quelle saveur possédons-nous,
quelle guérison-des-nations particulière

est notre feuille ? est-ce le balsamodendron,
le simple basilique, ou bien nôtres

sont-elles la lance et la feuille-flèche
du palmier ?

sommes-nous nés d’une île ou d’un oasis
ou bien nous tenons-nous

sans fruit au bord du champ
afin d’étendre

l’ombre sur les moissonneurs de blé
dans la chaleur de midi ?

***

What fruit is our store,
what flower?

what savour do we possess,
what particular healing-of-the-nations

is our leaf? is it balsomodendron,
herb-basil, or is ours

the spear and leaf-spire
of the palm?

are we born from island or oasis
or do we stand

fruit-less on the field-edge,
to spread

shade to the wheat-gatherers
in the noon-heat?

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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CLOCHES DU DIMANCHE (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016




CLOCHES DU DIMANCHE

I
Dimanche : un pâle ennui d’âme, un désoeuvrement
De doigts inoccupés tapotant sourdement
Les vitres, comme pour savoir leur peine occulte;
— Ah ! ce gémissement du verre qu’on ausculte ! —
Dimanche : l’air à soi-même dans la maison
D’un veuf qui ne veut pas aider sa guérison
Quand les bruits du dehors se ouatent de silence
Dimanche : impression d’être en exil ce jour,
Long jour que le chagrin des cloches influence,
Et sans cesse ce long dimanche est de retour !
Ah ! le triste bouquet des heures du dimanche;
C’est un triste bouquet de fleurs qui lentement
Meurt dans un verre d’eau sur une nappe blanche…
M’en sauver, le pourrai-je? Et l’éviter, comment?
Ce jour de demi-deuil aux couleurs trop calmées
Où mon coeur otieux s’en va dans les fumées.
J’en ai l’obsession, j’en ai peur, j’en ai froid
Du spleen hebdomadaire où ce jour me ramène :
Tandis que je me leurre au long de la semaine,
Flux et reflux de jours qui s’accroît, et décroît
Dont l’écume est un peu de vanité qui chante,
Voici que le repos dominical me hante
Et déjà m’apparaît comme un repos amer,
Repos nu d’une grève au départ de la mer,
Grève morte du long dimanche infinissable
Qui coagule au loin ses silences de sable…

II
Le dimanche est toujours tel que dans notre enfance :
Un jour vide, un jour triste, un jour pâle, un jour nu;
Un jour long comme un jour de jeûne et d’abstinence
Où l’on s’ennuie; où l’on se semble revenu
D’un beau voyage en un pays de gaîté verte,
Encore dérouté dans sa maison rouverte
Et se cherchant de chambre en chambre tout le jour…
Or le dimanche est ce premier jour de retour !

Un jour où le silence, en neige immense, tombe;
Un jour comme anémique, un jour comme orphelin,
Ayant l’air d’une plaine avec un seul moulin
Géométriquement en croix comme une tombe.
Il se remontre à moi tel qu’il s’étiolait
Naguère, ô jour pensif qui pour mes yeux d’enfance
Apparaissait sous la forme d’une nuance :
Je le voyais d’un pâle et triste violet,
Le violet du demi-deuil et des évêques,
Le violet des chasubles du temps pascal.
Dimanches d’autrefois ! Ennui dominical
Où les cloches, tintant comme pour des obsèques,
Propageaient dans notre âme une peur de mourir.

Or toujours le dimanche est comme aux jours d’enfance:
Un étang sans limite, où l’on voit dépérir
Des nuages parmi des moires de silence;
Dimanche : une tristesse, un émoi sans raison…
Impression d’un blanc bouquet mélancolique
Qui meurt; impression tristement angélique
D’une petite soeur malade en la maison…

[…]

(Georges Rodenbach)

Illustration: Salvador Dali

 

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TU ES LA GROTTE JE SUIS LE FEU (Amadou Lamine Sall)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



 

Arnold Böcklin _Calypso et Ulysse

TU ES LA GROTTE JE SUIS LE FEU

Tu es la grotte je suis le feu
tu es l’île je suis l’arbre
tu es la terre et je suis la pluie
tu es le sillon et je suis le grain
Pourquoi sur la terre ces hommes qui plantent les
arbres de l’espoir par leurs branches ?

Je t’ai cherchée partout et nulle part
entre la tige et la fleur parmi les rires du sommeil
parmi les caresses de l’absence
déjà le poème s’essouffle et les mots s’esquivent
la plume danse des arabesques saoule de son vin noir
les voyelles sont distraites et les consonnes rétives en procession
sur le vide de la page qui bâille

je voudrais te parler dans le ventre de la nuit
à l’heure où des miettes d’étoiles dansent sur ta bouche de miel et de fièvre
je sais que tu reviendras car je suis le fauve de ta tanière
le reptile qui te serpente et qui te ramène à la lumière du jour
déjà je mords tes paumes et chante dans la fraîcheur de tes cheveux…

Tu arrivais du nord là où le soleil épuise ses larmes derrière
les barreaux du ciel et tu m’attends du côté le plus divin de
ton corps là où les dieux ont fait pousser la fraise dans la
mangue le vent lève ton nom Boléro et ta bouche et tes lèvres infaillibles
ont l’arôme langoureux des chemins de miel que j’aime

je t’aime comme une guérison j’aime la saison de ta bouche quand tu ris
j’aime la maison de tes yeux et tu réchauffes mieux
que le ventre de l’ours à midi
tu es si belle que tu désamorces la course des météores
tu ne vieilliras pas jamais tu ne vieilliras en moi
jamais je ne vieillirai en toi

nous aurons la même route et elle sera la route de la terre

(Amadou Lamine Sall)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Le Mal était actif dans le pays (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



le-caducee

Les murs ne tombent pas
[2]

Le Mal était actif dans le pays,
le Bien appauvri et triste ;

Aventure promise à un triste sort,
le Bien était gras et béat ;

le Mal-in nous poursuivait,
paré tel Jéhovah ;

le Bien était la cosse sans goût,
dépouillée de la fève de manne, de lentille

ils étaient furieux quand nous fûmes affamés
de nourriture, Dieu ;

ils ont arraché nos amulettes,
les charmes ne sont pas, dirent-ils, la grâce ;

mais les dieux voient toujours dans les deux sens,
sur les anciennes routes cherchons la présence

de la vraie-rune, la bonne formule,
recouvrons d’anciennes valeurs ;

sans écouter s’ils crient
ta beauté, Isis, Aset ou Astarté,

est une catin ; tu es rétrogressif,
zélote, rêvant des anciens lieux de plaisir ;

ton coeur, en outre,
est un chancre mort,

ils continuent, et
ton rythme est l’hymne du malin,

ton style est plongé dans le corrosif sublimé,
comment peux-tu gratter

l’encre indélébile du palimpseste
de la mésaventure passée ?

{3]

Laissez -nous, néanmoins, récupérer le Sceptre,
la verge du pouvoir :

elle est couronnée par la fleur de lis
ou le bouton de lis :

c’est Caducée ; parmi les mourants
il porte la guérison :

ou évoquant les morts,
il apporte la vie aux vivants.

***

Evil was active in the land,
Good was impoverished and sad;

Ill promised adventure,
Good was smug and fat;

Dev-ill was after us,
tricked up like Jehovah;

Good was the tasteless pod,
stripped from the manna-beans, pulse, lentils:

they were angry when we were so hungry
for the nourishment, God;

they snatched off our amulets,
charms are not, they said, grace;

but gods always face two-ways,
so let us search the old highways

for the true-rune the right-spell,
recover old values;

nor listen if they shout out,
your beauty, Isis, Aset or Astarte,

is a harlot; you are retrogressive,
zealot, hankering after old flesh-pots;

your heart, moreover,
is a dead canker,

they continue, and
your rhythm is the devil’s hymn,

your stylus is dipped in corrosive sublimate,
how can you scratch out

indelible ink of the palimpsest
of past misadventure?

Let us, however, recover the Sceptre,
the rod of power:

it is crowned with the lily-head
or the lily-bud:

it is Caduceus; among the dying
it bears healing:

or evoking the dead,
it brings life to the living.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Lorsque ta main est là (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



Lorsque ta main est là
Dans ma paume fermée

Lorsque ton pas résonne
à côté de mon pas

Lorsque la nuit abat
Notre double fatigue

Lorsque l’aube salue
Notre vie étoilée

Lorsque j’entends ta voix
Qui traverse les arbres

Je sais que tout est dit
Et le temps s’abolit.

(Georges Jean)

 

 

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LA COUPE NOIRE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



LA COUPE NOIRE

La nuit est une coupe de mal. Le sifflement strident
d’un gardien la traverse, comme une épingle vibrante.
Ecoute, petite femelle ; puisque tu es déjà partie,
pourquoi l’onde est-elle encore si noire et tant brûler me fait ?

Dans la pénombre la Terre ressemble aux planches du cercueil.
Ecoute, petite prostituée, ne recommence jamais.

Ma chair nage, nage et rien
dans la coupe d’ombre qui me fait tant souffrir ;
ma chair nage en elle,
comme en un coeur de femme, marécageux.

Braise astrale… Sur mon lotus diaphane,
j’ai senti choir
les frôlements secs de l’argile.
Femme, tu fais exister
la chair engendreuse d’instinct. Femme!

C’est pourquoi — ô noir calice! —, et malgré ton départ,
je me noie dans la poussière,
et piaffent dans mes chairs mes soifs toujours plus folles.

***

LA COPA NEGRA

La noche es una copa de mal. Un silbo agudo
del guardia la atraviesa, cual vibrante alfiler.
Oye, tú, mujerzuela, ¿cómo, si ya te fuiste,
la onda aún es negra y me hace aún arder?

La Tierra tiene bordes de féretro en la sombra.
Oye, tú, mujerzuela, no vayas a volver.

A carne nada, nada
en la copa de sombra que me hace aún doler;
mi carne nada en ella,
como en un pantanoso corazón de mujer.

Ascua astral… He sentido
secos roces de arcilla
sobre mi loto diáfano caer.
Ah, mujer! Por ti existe
la carne hecha de instinto. Ah mujer!

Por eso ¡oh, negro cáliz! aun cuando ya te fuiste,
me ahogo con el polvo;
y piafan en mis carnes más ganas de beber!

(César Vallejo)

Illustration: Tomas Januska

 

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LIES (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



LIES

Cette après-midi il pleut, comme jamais; et je n’ai pas
envie de vivre, mon petit coeur.

Cette après-midi est douce. Pourquoi ne le serait-elle pas?
Comme une femme, elle s’habille de grâce et de peine.

Cette après-midi il pleut sur Lima. Et je me souviens
des cavernes cruelles de mon ingratitude;
de mon pain de glace sur son pavot,
plus fort que son « Ne sois pas comme ça! »

Mes violentes fleurs noires ; et l’affront
barbare et énorme ; et le trajet glacial.
Et le silence de sa dignité qui mettra
point final avec huiles brûlantes.

C’est pourquoi cette après-midi, je marche comme jamais,
avec ce hibou, avec ce petit coeur.
D’autres après-midi pussent; me voyant si triste,
elles prennent ce petit peu de toi
dans la ride abrupte de ma douleur profonde.

Cette après-midi il pleut, il pleut à verse. Et je n’ai pas
envie de vivre, mon petit coeur.

***

HECES

Esta tarde llueve como nunca; y no
tengo ganas de vivir, corazón.

Esta tarde es dulce. Por qué no ha de ser?
Viste gracia y pena; viste de mujer.

Esta tarde en Lima llueve. Y yo recuerdo
las cavernas crueles de mi ingratitud;
mi bloque de hielo sobre su amapola,
más fuerte que su “No seas así!”

Mis violentas flores negras; y la bárbara
y enorme pedrada; y el trecho glacial.
Y pondrá el silencio de su dignidad
con. óleos quemantes el punto final.

Por eso esta tarde, como nunca, voy
con este búho, con este corazón.

Y otras pasan; y viéndome tan triste,
toman un poquito de ti
en la abrupta arruga de mi hondo dolor.

Esta tarde llueve, llueve mucho. ¡Y no
tengo ganas de vivir, corazón!

(César Vallejo)


 

 

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ÉTÉ (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



ÉTÉ

Eté, je m’en vais ! Les petites mains soumises
de tes soirs me font de la peine.
Dévotement tu arrives ; vieux ;
tu ne trouveras plus personne dans mon âme.

Eté! Tu traverseras mes balcons
avec un grand rosaire d’améthystes et d’ors,
comme un évêque triste qui arriverait
de loin pour chercher et bénir
les bagues brisées de quelques fiancés défunts.

Eté, je m’en vais. Là-bas, en septembre
je connais une rose que je recommande à tes prières;
tu l’arroseras d’eau bénite chaque
matin de péché et de sépulcre.

Et si à force de pleurer le mausolée,
son marbre ouvre des ailes tout enluminé,
élève ton répons, et supplie
Dieu de la garder en mort.
Mais il sera déjà trop tard ;
et tu ne trouveras plus personne dans mon âme.

Ne pleure plus, Eté! Dans ce sillon
meurt une rose renaissante toujours…

***

VERANO

Verano, ya me voy. Y me dan pena
las manitas sumisas de tus tardes.
Llegas devotamente; llegas viejo;
y ya no encontrarás en mi alma a nadie.

Verano! y pasarás por mis balcones
con gran rosario de amatistas y oros,
como un obispo triste que llegara
de lejos a buscar y bendecir
los rotos aros de unos muertos novios.

Verano, ya me voy. Allá, en setiembre
tengo una rosa que te encargo mucho;
la regarás de agua bendita todos
los días de pecado y de sepulcro.

Si a fuerza de llorar el mausoleo,
con luz de fe su mármol aletea,
levanta en alto tu responso, y pide
a Dios que siga para siempre muerta.
Todo ha de ser ya tarde;
y tú no encontrarás en mi alma a nadie.

Ya no llores, Verano! En aquel surco
muere una rosa que renace mucho…

(César Vallejo)

 

 

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