Arbrealettres

Poésie

Le Plein et le Vide (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Le Plein et le Vide

Oh si je me souviens et combien.
Et si je ne me souvenais pas?
Autre serait mon âme,
bien différent mon visage.

Oh comme j’oublie et combien.
Et si je n’oubliais pas?
Je serais l’homme-étonnement,
sans tête déambulant.

Oh comme j’oublie et me souviens,
comme je me souviens et oublie,
par flux égaux
et simultanés enlacements.
Mais comment puis-je, à la fin,
recomposer mes déguisements?

Quel coffret étrange recèle
en moi sa brume et ses cendres,
son patrimoine de flammes,
tandis que la vie confère
sa limite, et que chaque heure
est une heure dévolue
dans la balance de la mémoire
qui pleure et qui rit, partagée?

(Carlos Drummond de Andrade)

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