Arbrealettres

Poésie

Archive for 16 décembre 2016

Stances (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2016



Stances

Il est de soirs de brume où nul astre ne luit,
Où le vaisseau sur mer, aux vents des destinées,
Comme un grand monstre noir qui fend du front la nuit,
File sans savoir où, les vergues inclinées.

Au cœur, cet océan que nul n’a pu sonder,
Il est des jours brumeux que nul soleil n’éclaire,
Où l’amour, ce navire inquiet de tarder,
Subit les lourds assauts des vagues en colère.

Il est des jours luisants de soleil printanier,
Où, glissant sur la mer plane qui brille toute,
Vers le port où finit le voyage dernier
Majestueusement le vaisseau suit sa route.

Au cœur, où l’amour creuse en paix son clair chemin,
Il est des jours sereins dont profite la voile,
Certaine de toucher le but cher dès demain :
Où, la nuit, chaque flot réfléchit une étoile !

(Albert Lozeau)

 Illustration

 

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La musique des yeux (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2016



La musique des yeux

La lune se leva dans le ciel vaste et clair
Et l’espace bleuit, comme sous un éclair.

Pas un nuage. Rien que les étoiles vagues,
Aux feux atténués et doux de vieilles bagues.

Et c’était beau ! Plus beau qu’un rêve de vingt ans,
Plein de Dieu, plein d’amour, plein des fleurs du printemps.

Les notes, ces rayons éblouissants ou pâles
Jaillis en frissons vifs de saphirs et d’opales,

Les accords, ces couleurs, et leurs vibrations,
Ces reflets aux milliers de variations,

Mariaient leurs accents dans la nuit agrandie,
Et c’était une exquise et lente mélodie !

Les yeux ont leur musique et, dans le ciel profond,
Ce sont les astres d’or et d’argent qui la font.

J’écoutai bien longtemps chanter le ciel splendide,
Et puis, je m’endormis l’âme émue et candide…

(Albert Lozeau)

 

 

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Les lucioles (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2016



Les lucioles

Dans l’affolement de leurs courses,
De petites mouches de flamme
Semblent jaillir des noires sources
En resplendissants rayons d’âme ;

C’est que, dans les reflets d’étoiles,
Traçant sur l’eau des auréoles,
Comme des filaments de voiles
En feu, passent les lucioles.

Elles disparaissent dans l’ombre
Avec les morts et les fantômes ;
Puis, soudain, surgissent du sombre
Comme de lumineux atomes…

Et longtemps, sans lasser leurs ailes,
Éprises de courses frivoles,
Le long des heures solennelles
Passent les blondes lucioles.

(Albert Lozeau)

Illustration

 

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