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Poésie

Archive for 18 décembre 2016

Je t’aime dans la petite existence en bigoudis (Jacques Brault)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016





je t’aime dans la petite existence en bigoudis
je t’aime dans les pauvres extases dans les chiches gloires
je t’aime seul et déserté de moi-même…

(Jacques Brault)

Illustration: Egon Schiele

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A partir d’un certain âge (Nathalie Quintane)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

A partir d’un certain âge,
on s’observe moins
au dos des grandes cuillères.

(Nathalie Quintane)

 

 

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QUAND J’OUVRE LES YEUX (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

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QUAND J’OUVRE LES YEUX

Quand j’ouvre les yeux, je vois mes yeux,
Quand je remue les mains, je les gouverne
Mes vrais yeux et mes vraies mains.

Je lave et baigne tout ton corps.
Je l’enroule dans un drap blanc et propre.
Je l’oins de parfums, d’huiles aromatiques
Pour que soit moins sensible la terrible odeur,
La mauvaise odeur de la mort quotidienne.

Si le vent t’éblouit, si le soleil te brunit,
Je prends de l’eau et lave ton visage.
J’en fais un miroir, je le pare de lumière, je lui ferme
les lèvres
Avec un sourire, avec le silence.

Avec des fleurs j’ornerai tes habits de mort,
Avec des gémissements je te pleurerai.

Pour te vêtir, je n’ai pas de manteau royal,
De brillants ornements de pourpre et de prix.

Je te mets mes chaussures pour que tu ne sois pas
Pieds nus sur la terre, pour qu’on entende nos pas
Résonner, qu’on entende notre fuite dans la nuit.

Je t’habille avec mes vêtements et mes chemises
Pour que tu sois vêtue et sembles exister
Pour que nous voyions et qu’on nous regarde, pour
que nous soyons beaux et purs.

Comme fard je te mets le mien : honte et chagrin.

Si ma mine ne te va pas, je la changerai,
Je me farderai les joues, je me ferai d’autres yeux.
Si elles ne te vont pas, je me couperai les mains.

Si mon coeur est gênant, je l’enlèverai,
Je le placerai afin qu’il batte différemment.

Tu n’es pas une bête et pourtant tu as faim.
Tu n’es pas un Ange et pourtant tu sens
Que tu as de grandes ailes, une beauté infinie.

Nous avons l’air d’avoir faim et soif
Naissance et mort nous séparent
Et les animaux nous entraînent ; les vents nous soufflent.

Nous sommes d’ombre et de lumière, de terre et de curiosité.

Tu es forcé de marcher et de ne t’arrêter
Nulle part, de traverser le vide et le néant.
Tu es forcé de fermer ta porte à la nuit,
De douter de ta propre chair, de crier.

Tu es forcé d’affirmer ton visage sur le miroir.

Personne ne peut me toucher, je suis impalpable.
Personne ne peut me refuser, rendre mon visage inutile,
Me couper la chair ou tuer mon âme.

(Georges Themelis)

 

 

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Pourtant, bien que chacun se fuie (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

Roland H. Heyder   (8)

Pourtant, bien que chacun se fuie
comme la prison qui le tient et le hait,
il est un grand miracle dans le monde :
Je sens que toute vie est quand même vécue.
Qui donc la vit ? Seraient-ce les choses qui,
comme une mélodie qu’on tait.,
sont dans le soir, comme dans une harpe, rangées ?
Seraient-ce les vents qui viennent des vastes eaux ?
Seraient-ce les branches qui se font des signaux ?
Seraient-ce les fleurs aux doux parfums tissés ?
Seraient-ce les longues et vieillissantes allées ?
Seraient-ce les bêtes chaudes que l’on voit marcher ?
Seraient-ce les oiseaux qui s’élèvent, étrangers ?
Qui donc la vit ? Est-ce Toi, Dieu, qui la vis ?

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Roland H. Heyder

 

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LES PROVERBES DU TEMPS (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

Arnold Böcklin Marie Madeleinr

LES PROVERBES DU TEMPS

Qui perd la vie
n’en trouve pas une autre.

Qui tue le temps
ne sauve pas l’éternité.

La bonne affaire à qui se lève tôt,
à qui serre les dents sur sa tranche de viande.

La bonne affaire au plus malin,
une belle aube à qui dort bien.

Mieux vaut marcher qu’attendre la voiture
et les premiers arrivent toujours seuls.

Qui n’a rien doit jouer tout :
les plus pauvres gardent la main
et font sauter la banque.

Mieux vaut chasser à balles qu’à prières.
Bête vite détale,
Bête morte se mange.

(Axel Toursky)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Rien, plus rien, je ne suis rien (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



Rien,
plus rien,
je ne suis rien.
Même pas un homme qui marche,
un homme qui dort,
je ne suis plus
une chair qui parle,
un sang qui rêve.
Je ne suis plus rien
qu’un Corps qui dégage
de l’énergie à rebours,
une corne de sécheresse
que j’abandonne à toute vitesse
mais par l’intérieur.

Vide,
je flotte sur du vide.

(Gérard Le Gouic)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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Dans les livres, il y a quelque chose de divin (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

Les choses sont une façade,une croûte.Dieu seul est.
Mais dans les livres, il y a quelque chose de divin.

Le monde est mystère,les choses évidentes sont mystère,
les pierres et les végétaux.

Mais dans les livres peut-être y a-t-il une explication, une clef.
Les choses sont dures, la matière,les gens,les gens sont durs,et inamovibles.

Le livre est souple, il est dégagé. Il n’est pas une croûte.Il émane.
Le plus sale, le plus épais émane. Il est pur. Il est d’âme. Il est divin.

De plus il s’abandonne.

… Dans les livres, il cherche la révélation.
Il les parcourt en flèche.
Tout à coup, grand bonheur, une phrase … un incident… un je ne sais quoi,
il y a là quelque chose…

Alors il se met à léviter vers ce quelque chose avec le plus qu’il peut de lui-même,
parfois s’y accole d’un coup comme le fer à l’aimant.
Il y appelle ses autres notions « venez, venez ».

Il est là quelque temps dans les tourbillons et les serpentins et dans une clarté, qui dit
« c’est là ».

Après quelque intervalle, toutefois, par morceaux, petit à petit,
le voilà qui se détache, retombe un peu, beaucoup, mais jamais si bas que là où il était précédemment.
Il a gagné quelque chose. Il s’est fait un peu supérieur à lui-même.

Il a toujours pensé qu’une idée de plus n’est pas une addition.
Non, un désordre ivre, une perte de sang-froid, une fusée, ensuite une ascension générale.
Les livres lui ont donné quelques révélations.

En voici une :
Les atomes. Les atomes, petits dieux.
Le monde n’est pas une façade, une apparence.
II est : Ils sont, Ils sont, les innombrables petits dieux, ils rayonnent.
Mouvement infini, infiniment prolongé.

(Henri Michaux)

 

 

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Vivre c’est inventer (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



Vivre c’est inventer

Dans la nuit brisée par l’orage, assis sur la margelle
d’un vieux puits, je fixai ce pétrifiant regard de
gorgone qui me dévorait déjà à l’autre bout du monde.
Ce n’est pas avec les mains que l’on saisit la vérité,
c’est en chassant au plus profond de l’abîme les
ténèbres de l’existence.
Ainsi, j’écoutais les chants harmonieux de la nuit
qui montaient des vagues entrouvertes.
Regarder son aurore, c’est là un bonheur indescriptible.

(Maurice Blanchard)

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Vous causez à l’esprit de telles défaillances (Claude Hopil)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

Vous causez à l’esprit de telles défaillances
qu’au mystique tombeau du rien il est couché.

(Claude Hopil)

Illustration: Daniel Martineau

 

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Abîme de l’abîme (Claude Hopil)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016




Abîme de l’abîme, essence de l’essence,
Lumière de lumière, Eternité sans temps,
Immensité sans lieu

(Claude Hopil)

Illustration: André Nadal

 

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