Arbrealettres

Poésie

Prose (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



Prose

La nuit est aussi grande qu’une main ouverte.
Nous marchons dans le noir.
Nous ne craignons pas les chacals de l’ombre
car nous savons nous servir de nos armes,
qui sont de sable et de fumée.
Elles sont présentes dans nos veines
et un vin chante dans les rumeurs qui nous parcourent
et nous entraînent où le passé est invisible.

Nous sommes dans le noir
mais un diamant vrille nos yeux
et nous guide vers cette ineffable douceur
d’une auberge à l’orée de la nuit.
Il n’y a pas d’ogre dans ces pays ombreux
et les clairières de brouillards n’ont plus de mystères.
Nous savons que le jour doit venir
et ce n’est pas ces quelques villages déserts traversés en silence
qui dresseront leurs fantômes contre ce splendide événement, notre rêve.
Ces désuètes bourgades ne sont que les lambeaux d’une vie dépassée.
La nuit nous est complice
et ses oiseaux furtifs nous désignent où il faut marcher.

Nous sommes dans le noir
mais la clarté qui doit venir
dépêche vers nous déjà les mains heureuses de ses ruisseaux.
Notre silence est une respiration,
nous sommes en marche
et rien ne peut venir que lumière ou chaos.

(Robert Momeux)


Illustration: Gilbert Garcin

2 Réponses to “Prose (Robert Momeux)”

  1. Lara said

    ce cher Garcin …

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :