Arbrealettres

Poésie

Amour, signal étrange (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2016



Amour, signal étrange

Je les aime trop, sans savoir que je les aime,
les filles en route pour la prière.
Tombée du jour.
Elles non plus ne se savent pas aimées
par le garçon aux yeux baissés mais attentifs.
J’en regarde une, j’en regarde une autre, je sens
le signal silencieux de quelque chose
que je ne sais définir — plus tard je le saurai.
Ce n’est pas seulement Hermînia, ou Marieta,
ou Dulce ou Nazaré ou Carmen.
Toutes, elles me blessent — doucement,
elles passent sans le remarquer. Le jour tombant
déjà décompose les silhouettes, moi-même
je suis une ombre à la fenêtre du premier étage.
Que faire de ce sentiment
que je ne puis même nommer sentiment?
Je suis en train de me préparer à souffrir
tout comme les jeunes gens étudient pour devenir médecin
ou avocat.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Maurice Denis

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :