Arbrealettres

Poésie

LE COLLOQUE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



LE COLLOQUE

Devant nos pas la nuit s’ouvrait à deux battants. Chacun
de nous sentait se creuser ses veines, bruire ses pensées,
mais le mot qui eût libéré les sources obturait nos lèvres.

Pouvions-nous témoigner des noces de l’homme et de sa parole ?

Nos fronts oscillèrent au poids des heures ; les lucioles
apparurent le corselet craquant ; une écume légère
trembla enfin aux plis d’une bouche.

Voix réunies, méduses muettes.

L’aurore était là.
Et nous la regardions avec des yeux
de paille et de poutre.

(Jules Tordjman)

Illustration: Michel Ogier

 

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