Arbrealettres

Poésie

L’eau qui jaillit dans la verdeur première (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2017



 

Rob Gonsalves 13

L’eau qui jaillit dans la verdeur première,
nudité de la terre, fraîche et douce,
appelle nos mains,
comme une femme neuve…

— De qui, cette eau est-elle
la résurrection ? Quelle nouvelle vie
en elle, triomphante, rejoint la mort ?
(Que ne puis-je être, un jour
de printemps vert, cette eau !)

…Et l’eau chante, rit et bondit,
elle danse, elle s’offre,
câline, exubérante, dure, ouverte ;
la terre profonde
— comme une femme neuve —,
non pour nous enterrer, aujourd’hui, non pas traître,
ni même maternelle ;
mais pour nous déterrer, loyale,
pour nous embrasser, libres,
appelle nos bras.

***

El choro de agua entre el verdor primero,
desnudez de la tierra, fresca y dulce,
llama a las manos,
como una mujer nueva…

—¿De quién, esta agua,
resurrección será? ¿Qué nueva vida
alcanza en ella, triunfal, la muerte?
(¡Quién fuera, un día
de primavera verde, agua!)

… Yel agua canta, ríe y salta,
baila y se ofrece,
mimosa, exuberante, dura, abierta;
la tierra honda
— como una mujer nueva —,
no para sepultarnos, hoy, no traidora,
ni maternal siquiera;
para desenterrarse, franca,
para abrazarnos, libres,
llama a los brazos.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Rob Gonsalves

 

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