Arbrealettres

Poésie

Archive for 8 janvier 2017

Plus je te bois (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Plus je te bois, ma Fontaine sans fond,
Plus me réduis au besoin de te boire ;
C’est mieux qu’amour, car toute amour se fond
Dans un délice à la courte mémoire
Dans toute chair trouve bientôt le fond.

(Paul Valéry)

Illustration: John William Godward

 

 

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Feuilles ou étincelles de la mer (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



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Feuilles ou étincelles de la mer
ou temps qui brille éparpillé

Ces eaux, ces feux ensemble dans la combe
et les montagnes suspendues :
le cœur me faut soudain,
comme enlevé trop haut

Peu m’importe le commencement du monde

Maintenant ses feuilles bougent
maintenant c’est un arbre immense
dont je touche le bois navré

Et la lumière à travers lui
brille de larmes

(Philippe Jaccottet)

 

 

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Accepter (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Accepter ne se peut
comprendre ne se peut
on ne peut pas vouloir accepter ni comprendre

On avance peu à peu
comme un colporteur
d’une aube à l’autre

(Philippe Jaccottet)

 

 

 

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Quelqu’un tisse de l’eau (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Quelqu’un tisse de l’eau (avec des motifs d’arbres
en filigrane). Mais j’ai beau regarder,
je ne vois pas la tisserande,
ni ses mains même, qu’on voudrait toucher

Quand toute la chambre, le métier, la toile,
se sont évaporés,
on devrait discerner des pas dans la terre humide.

(Philippe Jaccottet)

 

 

 

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Tant d’années (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Tant d’années,
et vraiment si maigre savoir,
coeur si défaillant?

Pas la plus fruste obole dont payer
le passeur, s’il approche?

– J’ai fait provision d’herbe et d’eau rapide,
je me suis gardé léger
pour que la barque enfonce moins

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Jean Clos

 

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Cette montagne a son double dans mon coeur (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



Cette montagne a son double dans mon coeur.

Je m’adresse à son ombre,
je recueille dans mes mains son silence
afin qu’il gagne en moi et hors de moi,
qu’il s’étende, qu’il apaise et purifie

Me voici vêtu d’elle comme un manteau.

Mais plus puissante dirait-on, que les montagnes
et toute la blancheur sortie de leur gorge,
la frêle clef du sourire.

(Philippe Jaccottet)

 Illustration: Sandi Ford

 

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Fleurs couleur bleue (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Fleurs couleur bleue
bouches endormies
sommeil des profondeurs

Vous pervenches
en foule
parlant d’absence au passant

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Josephine Wall

 

 

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VOEU (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



VOEU

Nuit tiède, clair de lune, parfum des pruniers,
donnez à ma bien-aimée un rêve délicieux!

Faites qu’elle soit impatiente de me revoir
et, qu’à l’aurore, elle vienne frapper à ma porte!

Parfum des pruniers, clair de lune, nuit tiède,
je saurai, par ses baisers, si vous m’avez entendu.

(La Flûte de Jade)

Illustration: Félix Vallotton

 

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Ta clarté montre la voie (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



Sur l’étang passent les chasseurs
que nos coeurs voulaient oublier
mais qui n’oublient ni la mort
ni le temps des voix brisées.

Délace ta robe noire,
jette aux rives le satin
qui dérobe leur victoire
à ces tueurs incertains.

Baigne ton corps dans le reflet
de la haute futaie d’azur,
et qu’aux branches emmêlées
s’emmêle ta chevelure.

Tu es l’ordre, le silence,
l’orage sous la toison,
et le feu de sang qui dort
dans la gorge des buissons.

Sur l’eau sombre où tu glisses,
ta clarté montre la voie.
Les chasseurs et les supplices
s’enlisent au fond des bois.

(Jean Joubert)


Illustration: Félix Vallotton

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MER (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Félix Vallotton the-rising-tide-1913

MER

Qu’est-ce qui te tire par l’âme ?
— Peu à peu tu mincis
comme un ruisseau qui peu à peu reste
sans eau —.

***

MAR

¿Qué te tira del alma?
—Te vas adelgazando
como un arroyo que se va quedando
sin agua —.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Félix Vallotton

 

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