Arbrealettres

Poésie

Sonnet (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2017



Sonnet

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui!

Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Gustav klimt

3 Réponses vers “Sonnet (Stéphane Mallarmé)”

  1. Lara said

    Ah Mallarmé l’hermétique !:-)

  2. (1) Grandeur de l’ambicygne
    ———-

    J’ai vu cet animal remarquable, aujourd’hui,
    Je me suis demandé si je n’étais pas ivre ;
    C’est un énorme oiseau, plus blanc que n’est le givre,
    Souvent, à son aspect, des prédateurs ont fui.

    Les canards du bassin sont sans crainte de lui,
    Car leur naïveté de la peur les délivre ;
    Il mange leur poisson, mais il les laisse vivre,
    Et personne n’ira lui chercher des ennuis.

    Il écoute des oies l’étrange litanie,
    C’est un être patient, personne ne le nie,
    Il aime son prochain, je n’en suis pas surpris.

    C’est un noble sans fief, sans maître et sans insignes,
    Car de simplicité toujours il fut épris ;
    J’ai le plus grand respect pour le bel Ambicygne.

    (2) Arbre-Chevalier
    ————–

    L’arbre porte un écu de bataille aujourd’hui,
    C’est ce qu’il fait, dit-on, chaque fois qu’il est ivre ;
    En été sous la feuille, en hiver sous le givre,
    Ceux qui l’ont vu ainsi, pour la plupart, ont fui.

    L’arbre dit que la guerre est un métier pour lui ;
    Que du gris quotidien, les combats le délivrent,
    Que porter une armure est sa raison de vivre
    Et que c’est un moyen pour surmonter l’ennui.

    Cependant la forêt n’est pas à l’agonie,
    Elle se porte bien, nul arbre ne le nie,
    Et se battre est souvent le fait d’un malappris.

    Ce rôle de soldat qu’à lui-même il assigne,
    Cet écu de métal dont il est tant épris,
    De sa sénilité, sans doute, sont le signe.

    (3) Firmament très lointain
    —————————

    Le ciel a pris des tons surréels aujourd’hui ;
    Ceux de la météo, peut-être, furent ivres,
    Qui à ce tiède hiver n’ont point offert de givre,
    Un astre s’est montré, qui, brusquement, a fui.

    Le gars de la radio dit que ce n’est pas lui ;
    De cette étrangeté, sa conscience il délivre,
    Avec ce ciel bizarre, on peut aussi bien vivre,
    Je ne crois pas qu’il veuille apporter des ennuis.

    Mais si cette planète était à l’agonie ?
    Non, cela ne se peut, Claude Allègre le nie ;
    Et c’est un érudit, qui a beaucoup appris.

    Savoir ce qui, aux cieux, telle couleur assigne,
    Peut-être un changement dont ils seraient épris ?
    Ou bien, plus simplement, la migration des cygnes.

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