Arbrealettres

Poésie

Cendres (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



Cendres
de si mortes choses, de maux perdus,
de contacts ineffables, de muets
soupirs;

flammes vives
vous me basculez dans ce moment où
d’anxiété en anxiété je m’approche
du seuil du sommeil

et dans le sommeil
avec ces liens passionnés et tendres,
de l’enfant à sa mère, à vous, cendres,
je me fonds.

L’angoisse
m’attend au passage, je la désarme. Comme
un bienheureux la voie du paradis
je monte un escalier, je m’arrête à une porte
où je sonnais en d’autres temps. Le temps
il a cédé d’un coup.

Je me sens,
avec les vêtements et l’âme d’alors,
dans une foudroyante lumière ; au cœur
ne se résout pas une joie vertigineuse
comme la fin.
Mais je ne crie pas.
Muet
je pars pour l’immense empire des ombres.

(Umberto Saba)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

2 Réponses vers “Cendres (Umberto Saba)”

  1. Michèle said

    ouais… douleur contenue mais un cri intérieur qui me prend aux tripes… sensation, ressenti… qu’importe, les mots m’emportent.
    Merci ☺

  2. arbrealettres said

    foudroyante lumière… joie vertigineuse …
    comment l’imaginer sans fondre …
    ou merci … Umberto 😉

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