Arbrealettres

Poésie

J’ai vu tout à l’heure une chenille qui avait des ailes (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



J’ai vu tout à l’heure une chenille qui avait des ailes
Mais elle ne se servait pas de ces ailes
Et peut-être que maintenant
Le papillon s’est envolé

Combien y a-t-il de mots d’ici au tournant de la route
Ils n’entreront pas tous j’ai mis un tourniquet à la porte
Beaucoup de ceux qui sont ici ne devraient pas y être
Ou du moins pas à la place où ils se sont assis tout seuls

Un poète après tout n’est peut-être qu’un placeur de mots
Mon habitude est venue s’asseoir ici je l’ai suivie
Et pourtant je croyais bien être seul avec le soleil sur la route
Et les mots qui ont l’air d’être seuls suivraient-ils aussi quelque chose

Les habitudes qu’on ne suit plus où vont-elles
Peut-être qu’elles meurent
J’ai horreur de tuer mais il le faut
Me nourrirais-je donc des mots que les générations ont déjà mâchés

Vous les grands aïeux mes ancêtres je vous salue
Mais je ne veux point que vous me donniez la becquée
Comment dirai-je la joie du monde
Maintenant que me voici tout seul

Je la dirai mathématiquement

(Pierre-Albert Birot)

 

 

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