Arbrealettres

Poésie

Brise marine (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Brise marine

La chair est triste, hélas! et j’ai lu tous les livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux!
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature!

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs!
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots!

(Stéphane Mallarmé)

5 Réponses to “Brise marine (Stéphane Mallarmé)”

  1. Lara said

    Un grand classique toujours apprécié 🙂

  2. Que dire de ce chef d’oeuvre ? Nous ne pouvons que nous incliner, modestes poètes. Comment atteindre une telle perfection ? Il faut dire que lorsqu’on a 15 ans et que, assis devant un pupitre, on découvre un tel texte, on comprend ce qu’est la poésie qui sera la joie et le tourment de son existence au milieu de la stupidité générale. Puis-je lutter avec :

    Je monte lentement des plus profonds abîmes
    Avec l’espoir d’atteindre enfin les hautes cimes.
    J’escalade la pente et gravis les rochers
    Dominant la campagne au-dessus des clochers
    Et je m’agrippe au pic, mél

  3. Que dire de ce chef d’oeuvre ? Nous ne pouvons que nous incliner, modestes poètes. Comment atteindre une telle perfection ? Il faut dire que lorsqu’on a 15 ans et que, assis devant un pupitre, on découvre un tel texte, on comprend ce qu’est la poésie qui sera la joie et le tourment de son existence au milieu de la stupidité générale. Puis-je lutter avec :

    Je monte lentement des plus profonds abîmes
    Avec l’espoir d’atteindre enfin les hautes cimes.
    J’escalade la pente et gravis les rochers
    Dominant la campagne au-dessus des clochers
    Et je m’agrippe au pic, mélangeant mon haleine
    Au vent puissant et froid qui souffle sur la plaine.

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