Arbrealettres

Poésie

Cauchemar (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Salvador Dali [1280x768]

Cauchemar

J’ai vu passer dans mon rêve
Tel l’ouragan sur la grève,
D’une main tenant un glaive
Et de l’autre un sablier,
Ce cavalier

Des ballades d’Allemagne
Qu’à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d’ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop! ni cravache,entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours! toujours!

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son oeil qui s’allume
Et s’éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l’éclair bleu
D’une arme à feu.

Comme l’aile d’une orfraie
Qu’un subit orage effraie,
Par l’air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d’un air de gloire
Un torse d’ombre et d’ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.

(Paul Verlaine)

Illustration: Salvador Dali

 

2 Réponses vers “Cauchemar (Paul Verlaine)”

  1. Griffon qui rêve
    —–

    Je crois qu’un autre songe en mon rêve s’imbrique,
    Cet univers devient trop bizarre à mes yeux ;
    Mon corps et mon esprit sont maintenant trop vieux
    Pour digérer en paix ce délire onirique.

    Mon âme croit entendre une étrange musique,
    Un grondement plus fort que l’orage des cieux ;
    Mon coeur est transporté vers de magiques lieux,
    Savourant l’élixir qui le rend amnésique.

    Je crois voir le plafond d’une obscure maison,
    Murs dépourvus de charme, hôpital ou prison ;
    D’un théâtre effrayant ce peut être la scène.

    Je trouve tout cela tiré par les cheveux ;
    Mais après tout, je peux m’éveiller quand je veux,
    Ce qui est bien commode en cas de rêve obscène.

  2. L’univers onirique, autre réalité,
    Associe le délire avec la remembrance ;
    Tu y rencontreras d’étranges apparences,
    Ainsi que les lueurs d’une sacralité.

    Notre monde banal y peut être imité,
    Puis sublimé soudain dans une ardente transe ;
    L’inattendu survient, sans craindre les outrances,
    Au labyrinthe flou qui semble illimité.

    Accueille-moi souvent, monde surnaturel
    Abrite-moi des maux, refuge intemporel ;
    Qu’importe si ces joies ne sont que transitoires !

    Muse, des cauchemars n’aie nulle crainte, car
    Ce n’est que ton esprit qui vide ses placards ;
    Cela peut engendrer d’amusantes histoires.

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