Arbrealettres

Poésie

À deux heures du matin (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



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À deux heures du matin

À deux heur’ du matin lorsque les chaises volent
Lorsque les poignards luisent
Aux aubes qui ne naissent pas
Lorsque les coups de poing s’abattent sur nos crânes
Nous demandons toujours notre demi pression

Pressons pressons garçon pressons
Pressons pressons pressons pressons pressons
À trois heur’ du matin lorsque le sang s’écoule
Du copain effondré au ras et sur le zinc
Quand nos larmes ne coulent plus
Quand nous rêvons d’être dingues
Nous recommandons un demi pression
Pression
Et nous disons au garçon pressons pressons

Il y a toujours la Seine
Avec ses hanches lourdes
Quand la lune la mord
Et que là-bas au loin
La péniche glissant
S’en va devers le port

Alors
Nous allons
Et nous rentrons
Dans notre dernier bar
Pour le geste de l’Art
Et nous disons
Au garçon
Un demi pression
Un demi pression
Pressons pressons pressons pressons

En nous en retournant
Nous voyons déjà notre ombre
Et la foule qui court
Vers de viles besognes
Et la mort au soleil
Et le sang qui ruisselle
Le long de notre cravate

Nous pressons
Sa photo
Avant de sombrer dans
Le caniveau.

(Jean-Claude Demay)

 

 

Une Réponse to “À deux heures du matin (Jean-Claude Demay)”

  1. arbrealettres said

    Deux heures du matin Marronbleu! Pas 4h43!! 😉

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