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Poésie

Archive for 28 janvier 2017

Deux petits éléphants (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017


 

C’était deux petits éléphants,
Deux petits éléphants tout blancs.

Lorsqu’ils mangeaient de la tomate,
Ils devenaient tout écarlates.

Dégustaient-ils un peu d’oseille,
On les retrouvait vert bouteille.

Suçaient-ils une mirabelle,
Ils passaient au jaune de miel.

On leur donnait alors du lait:
Ils redevenaient d’un blanc tout frais.

Mais on les gava, près d’Angkor,
Pour le mariage d’un raja,

D’un grand sachet de poudre d’or.
Et ils brillèrent, ce jour-là,

D’un tel éclat que plus jamais,
Même en buvant des seaux de lait,

Ils ne redevinrent tout blancs,
Ces jolis petits éléphants.

(Maurice Carême)

 

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LA BROUETTE ROUGE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



brouette rouge

LA BROUETTE ROUGE

QUE de choses dépendent
d’

une rouge brou-
ette

vernie par l’eau
de pluie

à côté de blancs
poulets

***

THE RED WHEELBARROW

So much depends
upon

a red wheel
barrow

glazed with rain
water

beside the white
chickens

(William Carlos Williams)

 
et voir ici:
http://www.rogerebert.com/balder-and-dash/so-much-depends-upon-a-red-wheel-barrow

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LES PERSÉCUTIONS DE L’AMOUR (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

 

LES PERSÉCUTIONS DE L’AMOUR

Tant d’autres, que ton charme enivre,
Amour, implorent ta faveur !
Permets au poète de vivre
En paix, solitaire et rêveur.

Pourquoi du bonheur que je goûte
M’envier les calmes appas?
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas.

Toi qui laisses, après tes fièvres,
Bien plus de larmes dans nos yeux
Que de sourires sur nos lèvres,
Je t’oubliais, j’étais joyeux.

Quels maux ton inconstance coûte !
Tu fais désirer le trépas.
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas.

Va, va soumettre à ton empire
Ceux dont le coeur n’a pas souffert,
La vierge qui brode et soupire,
L’écolier au livre entr’ouvert ;

Leur âme t’appartiendra toute,
Ils suivront ardemment tes pas.
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas!

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Charles Frederic Ulrich

 

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La Mort (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

La Mort

Je sais bien qu’il faut que l’on meure,
Je sais bien que sonne à toute heure
La sombre horloge du trépas.

Oui, je sais bien que tout succombe,
Et que l’on rencontre une tombe
Sur son chemin, à chaque pas.

Quand tout renaît sur cette terre,
Quand les beaux jours sont revenus,
Je vais dans le bois solitaire,
Pensant à ceux qui ne sont plus.

Le soleil darde en vain sa flamme,
Le ciel montre en vain ses trésors :
Tout rayonne, excepté mon âme,
Moins fidèle aux vivants qu’aux morts.

Mais, en voyant briller la rose,
Je dis, par la nature instruit :
« La vie est une fleur éclose,
La mort en est le fruit. »

(Hippolyte Lucas)

 

 

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Le Remords (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



Le Remords

Un jour j’étais couché sur mon lit de repos,
Je lisais au hasard, et, jetant là l’ouvrage,
J’aurais pu, comme Hamlet, dire : « Des mots, des mots ! »
L’enfant vint, sur le mien il posa son visage.

Il voulut, — c’était là gentillesse de l’âge,
— Faire semblant de lire, et moi, d’un dur propos,
Je rudoyai l’enfant, et, lui tournant le dos,
De l’éloigner de moi j’eus le triste courage.

Pauvre enfant que m’a pris le destin inconnu.
Cet amer souvenir m’est depuis revenu,
Je vois ta grosse larme et ta petite moue;

Et j’éprouve un remords. Comme je donnerais
Mon futile savoir, et mes livres après,
Pour sentir, de nouveau, ton souffle sur ma joue.

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Marie-Christine Thiercelin 

 

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Pourquoi donc (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Pourquoi donc, penché sur ta lyre,
Regretter, comme un vain délire,
Les pleurs qui tombent de tes yeux?
Les pleurs d’un amoureux martyre
Sont comme des gouttes de cire
Pleines d’un ambre précieux.

Tout, autour d’elles, se parfume ;
Elles perdent leur amertume
Sous le feu brûlant qui les fond ;
Et, pour toujours, la poésie
Y met son empreinte choisie,
Son cachet divin et profond !

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Latoya Smile

 

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Dès que l’aube verdit (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



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Dès que l’aube verdit sous une ardente sève,
Au fond des bois épais je m’assieds et je rêve,

Dans l’ombre enseveli.
Je me dis : « A quoi bon la vengeance et la haine ?
Débris des jours passés, refleurissez sans peine,
Couronnez-vous d’oubli ! »

(Hippolyte Lucas)

 

 

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VOTRE NOM (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



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VOTRE NOM

Dans mon coeur reste votre nom,
Gravé d’une empreinte si forte
Qu’en dépit de votre abandon
Avec moi toujours je le porte,

(Hippolyte Lucas)

 

 

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De deux coeurs séparés (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

 

De deux coeurs séparés par une loi fatale
L’amour subtil s’en va comme un parfum s’exhale
D’un flacon qu’on vient de briser ;

Si l’on a peur de voir son essence envolée
Il faut donc qu’elle soit à tout moment scellée
Sur la bouche par un baiser !

(Hippolyte Lucas)

Illustration

 

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Les larmes (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Les larmes

Larmes, qu’êtes-vous devenues,
Larmes si promptes à couler ?
Je pleurais rien qu’à voir les nues
Vers le nord tristement aller.

Je pleurais quand la tourterelle
Roucoulait ses tendres douleurs ;
Je pleurais lorsque, d’un coup d’aile,
Le vent brisait les douces fleurs.

Je pleurais lorsqu’aux jours d’automne,
Dans les bois errant triste et seul,
Je voyais leur pâle couronne
Couvrir le sol comme un linceul.

Tout ce qui se fane ou s’effeuille,
Le lys, la rose ou l’amitié,
Tout ce que la sombre mort cueille,
Avait sa part de ma pitié.

Sans pleurs je ne pouvais entendre
Un mot héroïque ou touchant,
Et combien n’en a fait répandre
La bergère avec un vieux chant!

Oiseaux de la mélancolie,
Vous vous abattiez sur mon sein,
Comme sur un roseau qui plie,
Le soir, tombe un nocturne essaim…

A toute image fugitive
Un soupir sortait de mon coeur,
Et mon émotion craintive
Se cachait au monde moqueur,

Maintenant dans la solitude,
On ne m’entend plus soupirer:
Brisé par tant d’ingratitude.
Pourquoi ne puis-je pleurer ? …

Tristesses encore inconnues,
Que je voudrais vous exhaler!…
Larmes, qu’êtes-vous devenues,
Larmes, si promptes à couler?…

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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