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Poésie

Archive for 28 janvier 2017

Une petite fille (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017


ange

… Je sais
qu’une petite fille
neuve et nue
comme l’herbe d’avril
se lèvera dans l’air noir
et redira pour lui
le long poème du monde
dont nous sommes chacun
la douceur et la rime.

(Jean-Pierre Siméon)

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La Poésie (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Albert Anker -_Stillleben_-_Unmässigkeit

Il n’y a bien sûr pas de hiérarchie de valeur entre les arts.
Toute beauté nous rajeunit.

Mais je crois que l’acte poétique premier, radical et invisible,
qui consiste dans l’effort du corps et de l’esprit ensemble
à se rendre poreux à l’extrême au principe de vie
(énergie qui force son entrée dans le vide)
qui se trouve dans l’en-deçà lointain
de tout ce qui apparaît et advient,
est la condition de tout geste artistique.

En cela tout artiste est d’abord poète.

La poésie n’est ni meilleure, ni plus grande, etc…
il y a seulement que l’acte dont elle procède
est à l’amont de toute réalisation artistique.

Le poème n’a aucun privilège ;
comme une danse, un chant ou un tableau,
il est une des formulations possibles,
un des avatars sensibles
de l’acte poétique premier.

(Jean-Pierre Siméon)

Illustration: Albert Anker

 

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ÉLOGE DE LA VIEILLESSE (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Samuel Van Hoogstraten_ l'homme à sa fenêtre

ÉLOGE DE LA VIEILLESSE

J’aime les très vieux
assis à la fenêtre
qui regardent en souriant
le ciel perclus de nuages
et la lumière qui boite dans les rues de l’hiver

j’aime leur visage
aux mille rides
qui sont la mémoire de mille vies
qui font une vie d’homme

j’aime la main très vieille
qui caresse en tremblant
le front de l’enfant
comme l’arbre penché
effleure de ses branches
la clarté d’une rivière

j’aime chez les vieux
leur geste fragile et lent
qui tient chaque instant de la vie
comme une tasse de porcelaine

comme nous devrions faire nous aussi
à chaque instant
avec la vie

(Jean-Pierre Siméon)

Illustration: Samuel Van Hoogstraten

 

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Chaque pomme est une fleur (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Chaque pomme est une fleur
qui a connu l’amour

(Félix Leclerc)

Illustration

 

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Quand il tombe l’arbre fait deux trous (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Quand il tombe l’arbre fait deux trous.
Celui dans le ciel est le plus grand.

(Félix Leclerc)

 

 

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J’ai deux montagnes à traverser (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Euan MacLeod Barrow_Man

« J’ai deux montagnes à traverser
Deux rivières à boire
J’ai six vieux lacs à déplacer
Trois chutes neuves à mettre au lit
Dix-huit savanes à nettoyer
Une ville à faire avant la nuit. »

C’est pourquoi de forêt
Il n’est pas revenu…

(Félix Leclerc)

Illustration: Euan MacLeod

 

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DEMAIN, SI LA MER… (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Oleg Zhivetin (35)

DEMAIN, SI LA MER…

Demain si la mer est docile
Je partirai de grand matin
J’irai te chercher une île
Celle que tu montres avec ta main.

Je la ceinturerai en filet
La traînerai près du grand quai
Tu l’offriras au jour
En l’honneur de nos amours

Si l’océan frémit
Au toucher de ton doigt
Que penser mon amie
Quand tu te donnes à moi

Passerais-je la nuit
Immobile comme marbre
Si tu prends comme lit
Mon hamac sous les arbres

Quand ils t’ont aperçue
Les oiseaux en folie
Ont envahi la rue
Et reculé la nuit

Les fleurs de mon jardin
Se sont déracinées
On les voit le matin
Dans l’air se promener

Viens nous nous coucherons
Sous le même manteau
Nous nous endormirons
Liés comme roseaux

(Félix Leclerc)

Illustration: Oleg Zhivetin

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LITANIES DU PETIT HOMME (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Nikolay Butkovskiy 030

LITANIES DU PETIT HOMME

Et sur le chiffonnier
À côté de tes bas
Ma paye et mon tabac
Et sous le tisonnier
Une brassée de bois
Pour illuminer la soirée

Et depuis tant d’années
Ton coeur qui ne dit mot
Le mien qui parle trop
Ma hache à affiler
La maison à trouver
Nos quatre mains ont bien travaillé

Il vient au cinéma
Le visage qui te plaît
Le mien qui est si laid

Le loyer augmenté
Je t’aime plus que la vie
Les jurons que j’ai dit aujourd’hui

J’ai mal à ton côté
Tu as mal à mes yeux
C’est vrai c’est faux c’est les deux!

Et ce petit bouquet
Tout frais dedans ta main
Demain sera de l’engrais, ça c’est vrai

On est seul au monde
Chacun dedans son corps
Ensemble chacun son bord

Rendez-vous dans mille ans
Plus loin que l’Italie
Plus loin que ce pays

(Félix Leclerc)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

 

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Pour ne pas que l’air durcisse (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Pour ne pas que l’air durcisse,
les oiseaux y font des trous
comme dans la terre, les vers.

(Félix Leclerc)

 

 

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C’est un petit bonheur (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



Erica Hopper b005f [1280x768]

C’est un petit bonheur

C’est un petit bonheur
Que j’avais ramassé
Il était tout en pleurs
Sur le bord d’un fossé
Quand il m’a vu passer
Il s’est mis à crier:
«Monsieur, ramassez-moi,
Chez vous amenez-moi

Mes frères m’ont oublié, je suis tombé, je suis malade,
Si vous n’ me cueillez point je vais mourir, quelle ballade!
Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure,
Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture!»

J’ai pris le p’tit bonheur,
L’ai mis sous mes haillons,
J’ai dit «Faut pas qu’il meure,
Viens-t’en dans ma maison.»
Alors le p’tit bonheur
A fait sa guérison
Sur le bord de mon coeur
Y avait une chanson.

Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié
Ma vie de désoeuvré, j’avais dégoût d’ la r’commencer
Quand il pleuvait dehors ou qu’mes amis m’ faisaient des peines
J’ prenais mon p’tit bonheur et j’ lui disais «C’est toi ma reine!»

Mon bonheur a fleuri
Il a fait des bourgeons
C’était le paradis
Ça s’ voyait sur mon front
Or un matin joli
Que j’ sifflais ce refrain
Mon bonheur est parti
Sans me donner la main

J’eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes,
Lui montrer le grand trou qu’il me faisait au fond du coeur,
Il s’en allait toujours, la tête haute, sans joie, sans haine,
Comme s’il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure.

J’ai bien pensé mourir
De chagrin et d’ennui
J’avais cessé de rire
C’était toujours la nuit.
Il me restait l’oubli
Il me restait l’ mépris
Enfin que j’ me suis dit
Il me reste la vie!

J’ai repris mon bâton, mes deuils, mes peines et mes guenilles
Et je bats la semelle dans des pays de malheureux
Aujourd’hui quand je vois une fontaine ou une fille
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux (bis)

(Félix Leclerc)

Illustration: Erica Hopper

 

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