Arbrealettres

Poésie

SOMBRER (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



Titanic

SOMBRER

Ah! cette volupté sans bornes de périr
De sombrer dans la mer de la désespérance,
Dans un océan noir de morbide souffrance
Où la raison s’enlise et se comprend mourir!

Sentir, sentir, qu’on disparaît dans l’ombre immense
Et puis, sombrer toujours, ne pas se retenir,
Entendre au fond de soi quelque chose frémir,
Croire que c’est la mort peut-être qui commence…

Le navire a frappé quelqu’invisible écueil :
Penché dessus le gouffre noir comme un cercueil,
Il frémit dans la nuit qui l’environne : il sombre…

Le capitaine est là, superbe sur le pont :
Il n’a pas voulu fuir. Ivre, de son oeil sombre,
Il regarde monter les abîmes sans fond!

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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