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Poésie

SONNET RENAISSANCE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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SONNET RENAISSANCE

D’un pas leste et galant sautant hors du bateau,
Un grand seigneur, en très somptueux équipage,
Pose ses doigts gantés sur l’épaule du page
Qui porte dans ses bras l’épée et le manteau.

Le compliment en vers qu’on remettra bientôt
Est barbouillé par un pédant sur une page,
Et les musiciens en chœur font du tapage
Sous la fenêtre ouverte et sombre du château.

De son retrait, la dame entend voix et guitares,
Tandis que son mari, triste, en proie aux catarrhes,
Fait dans l’herbe du parc tendre maint piège-à-loups.

Mais près du mur, caché dans l’ombre, sur la pierre,
Pour donner un grand coup d’estoc au vieux jaloux,
Le rouge spadassin aiguise sa rapière.

(Jean Richepin)

 Illustration: Edouard Agneessens

 

4 Réponses vers “SONNET RENAISSANCE (Jean Richepin)”

  1. Michèle said

    Elle est à moi ! Elle est à moi !
    C’est pas beau la convoitise mais qu’est-ce que c’est bon dit la belle au balcon 😃😂😁

  2. (1)
    Nef du port de la lune
    ———-

    Si tu viens à Bordeaux, que ce soit en bateau
    Avec de vieux copains en guise d’équipage.
    Auprès de ton hublot, tu liras quelques pages;
    Si tu lis sur le pont, couvre-toi d’un manteau.

    Si tu vois que la nef doit accoster bientôt,
    Dis bonjour de ma part aux oiseaux de la plage ;
    Ne fais pas attention à leur joyeux tapage,
    Mais regarde la vigne, au loin, sur les coteaux.

    Le grand fleuve sera charmé de ton regard,
    Les sommeliers d’ici t’offriront leur nectar ;
    Les passants vanteront la beauté du navire.

    Écris-nous un poème avant que d’accoster ;
    Du port ou d’autre part tu pourras le poster
    Dans l’enveloppe ornée d’un beau cachet de cire.

    (2) Navire en vue
    ————-

    Un Indien du Ponant voit venir un bateau
    Sans pouvoir discerner quel est son équipage ;
    Un profil solitaire, aux allures de page,
    Se tenant sur le pont, sans cape ni manteau.

    Ce navire étonnant doit accoster bientôt,
    Le vent venu de l’Est le pousse vers la plage ;
    Il glisse sur les eaux sans houle, sans tapage.
    Sa poupe est couronnée d’un imposant château.

    Indien et voyageuse ont croisé leurs regards.
    L’étrangère a saisi un flacon de nectar
    Pour en badigeonner la coque du navire,

    Et voilà qu’il s’envole avant que d’accoster ;
    Sur le blanc littoral, l’homme reste posté,
    Voyant fuir loin du sol la trirème en délire.

    • Un échanson sur un navire
      ———-

      La douce odeur du thé embaume le bateau,
      C’est pour les passagers, non pas pour l’équipage ;
      Les marins de la Reine aiment d’autres breuvages,
      La vodka, le whisky, la bière et le porto.

      Pour maître tavernier, nous avons le cuistot,
      Ce brave Bordelais s’y connaît en cépages ;
      Il nous sert volontiers, nous buvons sans tapage,
      Il contemple la mer et songe à ses coteaux.

      La faveur de Bacchus se lit dans son regard,
      Ainsi que la sagesse et le goût du nectar ;
      Aussi, nous respectons ce pilier du navire.

      Ce tavernier voudrait ne jamais accoster ;
      Mais, entendant cela, Neptune a riposté
      Qu’au prochain port l’attend la femme qu’il admire.

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