Arbrealettres

Poésie

Le figuier (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



Le figuier

Ce poème commence en été,
les branches du figuier qui effleurent la terre
m’avaient invité à m’allonger dans son ombre.
En elle je me réfugiais comme au creux d’un fleuve.

Ma mère se fâchait :
l’ombre du figuier est funeste, disait-elle.
Je n’en croyais rien,
je savais bien comme leurs fruits luisaient
mûrs et fendus offerts aux dents matinales.

Là j’ai attendu toutes ces choses peuplant les rêves.
Une flûte lointaine jouait dans une églogue tout juste lue.

La poésie caressait mon corps en éveil jusqu’à l’os,
elle me cherchait avec une telle évidence
que je souffrais de ne pouvoir lui donner de forme :
bras, jambes, yeux ou lèvres.

Mais sous ce ciel vert du mois d’août
elle me caressait seulement, et s’en allait.

(Eugénio de Andrade)

 

 

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