Arbrealettres

Poésie

Au secret (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



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Au secret

Si je disais la vie, la fraise aux lèvres vous auriez
La langue du loriot, la fièvre du laurier
L’églantier de la pluie et les cuisses de l’eau

Si je disais les mots
Qui convoquent les morts et les hauts pâturages
Les citrons de la nuit, la paille des orages
La servante alanguie, les armoires de suie
Le cheval aveuglé et l’automne qui grince
Les hôpitaux tapis, les amants dans leur lit
Le boulanger, le geai, les journaux tiédis d’encre
Si je livrais les mots que je retiens à l’ancre

En cette chambre basse où jamais vous n’entrez
Hommes ! Vous laisseriez les vins lourds de septembre
Vous partiriez roussis de feuilles, de saisons
Titubants de soleils, charnus de vos moissons
Et je vous aimerais comme un lièvre ou un faon.

(Luc Bérimont)

 

 

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