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Archive for 11 février 2017

LE BONHEUR (Mihály Csokonai Vitéz)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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LE BONHEUR

Sous la tonnelle de jasmin
Cette fraîche soirée d’été
Je suis assis avec Lilla ;
Ma Lilla chantonne avec moi,
Elle plaisante en me baisant,
Tandis que dans ses cheveux bruns
Un zéphyr joue en chuchotant.

Sur le vert gazon je posais
Là une bouteille de vin,
Puis, avec une rose tendre
Je lui faisais serrer les lèvres.
Un peu plus loin, dans le panier,
Les poésies d’Anacréon
En compagnie de fraîches fraises.

Qui vit jamais ensemble autant
De délices et de trésors ?
Qui est plus heureux que Vitéz ?

(Mihály Csokonai Vitéz)

Illustration: Ettore Tito

 

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GROMMELLEMENT (Sándor Csoóri)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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GROMMELLEMENT

Les pluies. Les poèmes. Les chutes de neige.
L’oiseau qui se nettoie dans la neige émoussée.
Ta main. Ma main Les signes de ton corps.
La clé de la mort. Verrou qu’on ne peut pousser.

Le silence. La colère. La solitude au monde.
L’éternelle occasion de l’homme contre soi.
Les armes excitées. Les épines immondes.
La cendre des épines en toi et en moi.

(Sándor Csoóri)

 

 

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ON ALLUME DU FEU (Chanson populaire Hongroise)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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ON ALLUME DU FEU

On allume du feu
malgré tout il s’éteint.
Il n’y a pas d’amour
qui n’ait pas une fin.

Fais-le, ma mie, fais-le,
ton feu de flammes bleues,
que j’y réchauffe enfin
mes deux fragiles mains.

Amour, amour, amour,
maudit mal de toujours !
Que n’as-tu pas fleuri
sur chaque feuille d’arbre ?

Sur chaque feuille d’arbre,
près de chaque taillis
où t’y aurait cueilli
chaque fille esseulée ? !

Près de chaque taillis,
sur chaque feuille d’arbre
où t’y aurait cueilli
chaque gars esseulé ? !

(Chanson populaire Hongroise)

 

 

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J’AIMERAIS ÊTRE AIMÉ (Endre Ady)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



J’AIMERAIS ÊTRE AIMÉ

Ne suis ni relation, ni parent,
Ni aïeul comblé, ni descendant,
Je ne suis pour personne,
Je ne suis pour personne.

Comme tout homme suis : majesté,
Mystère, Cap-Nord, étrangeté,
Lueur de feu follet,
Lueur de feu follet.

Mais, oh ! ne puis ainsi demeurer,
Je voudrais, je voudrais me montrer,
Que, visible, on me voie,
Que, visible, on me voie.

Pour ça le chant, le mal pour soi-même,
J’aimerais, j’aimerais que l’on m’aime,
Et puis être à quelqu’un,
Que je sois à quelqu’un.

(Endre Ady)

 

 

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LE POÈME ÉPINGLÉ SUR LE MUR (Sándor Bihari)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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LE POÈME ÉPINGLÉ SUR LE MUR

Les mouvements musculaires de la pensée
peu à peu s’ordonnant poème.

Vivre en face d’elle comme d’un couteau, d’un verre,
d’un soleil en éclaircie.

Elle épie, telle la main sur le ventre d’une future maman,
tel le périscope à l’affût du possible.

Le temps inhabité nous cherche,
les routes de la terre voudraient s’entre-engendrer.

(Sándor Bihari)

 

 

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POÈME (Sándor Bihari)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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POÈME

Dès le premier mot me battre à travers
le jardin et le vent confondus.

Entre notre faire éclaboussé de mort et de traîtrises,
entre nos âges, nos visages.

Pas à pas sur mes nerfs — comme, sur le cerveau,
l’écho de la peur qui résonne.
Allant à l’aube d’une unique parole habitable.

(Sándor Bihari)

 

 

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JE NE PUIS, JE NE PUIS… (Chanson populaire Hongroise)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



JE NE PUIS, JE NE PUIS…

Je ne puis, je ne puis
m’endormir en cage,
sur la branche est ma vie,
lestant le ramage,
lestant le ramage,
mangeant du genièvre,
portant la rosée
de l’aube à mes lèvres.

J’attache au triste saule
ma jument lassée,
et j’attache mon sort
à ma giroflée.
Ma monture à minuit
— las ! — je la détache,
lors, de toi giroflée
Mort seule m’arrache.

(Chanson populaire Hongroise)

Illustration: J.J. Grandville

 

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JE M’EN VAIS, JE M’EN VAIS (Chanson populaire Hongroise)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



A figure walking alone down a long path

 

JE M’EN VAIS, JE M’EN VAIS

Je m’en vais, je m’en vais
sur la route je vais
de la poussière fine
un paletot me fais.

De chagrin et tristesse
le fais passementer
de mes pleurs qui se pressent
je le fais boutonner.

Emporte, vent, emporte
du chemin la poussière
du chemin la poussière
de mon coeur la misère !

(Chanson populaire Hongroise)

 Illustration: Robert Cattan

 

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HAUTE ROCHE (Chanson populaire Hongroise)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



HAUTE ROCHE

Du côté de la haute roche, s’ouvre grande
la médecine d’amour,
qui toujours et à jamais mon coeur renouvelle
ainsi que mon corps si frêle.
Celui qui n’a jamais de l’amour fait l’essai,
ne l’imagine qu’en rêve.

(Chanson populaire Hongroise)

 

 

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VERS LE BAS (János Arany)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



VERS LE BAS

Le soir vole. Aile de corbeau
Fait ma fenêtre trembler,
De mon âme choit le rideau,
Noir souvenir du passé.
Je me tourne, tel le nuage
Regarde où il fut avant :
Si vert – si triste paysage,
Tout est si clair maintenant.

Heureux temps: – si réellement
Vous vous êtes écoulés.
Terreau – mon passé florissant,
Permets-moi de te contempler.
Bien qu’en ma bouche en ce temps-là
Mille plaintes et soupirs :
Il ne me manquait qu’un hélas…
Foi clouée sur l’avenir.

Mais maintenant… doute muet,
J’ai beau toujours avancer,
L’obscur de plus en plus se fait,
Plus ne puis m’en retourner.
Ma vie ne va plus vers plus haut –
C’est la pente vers le bas,
Comme on marche la nuit dans l’eau
En tremblant à chaque pas.

(János Arany)

Illustration: Samuel Van Hoogstraten

 

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