Arbrealettres

Poésie

Archive for 25 février 2017

Depuis l’aube (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

Depuis l’aube
le vent du sud
avec sa soif
les désirs toujours
leurs navires aveugles
largués
vers des mers sans mémoire

(Georges Bonnet)

 

 

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Très bas le petit jour (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

Très bas le petit jour
à sa balustrade

Les dernières ombres
du sommeil

Prés et peupliers
en leur aveuglement
déjà en voyage

(Georges Bonnet)

 

 

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Lenteur de l’immensité (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



Lenteur de l’immensité
le geste large de l’horizon

Les flamboiements de l’eau
sous la torpeur des ponts

Le pommier derrière l’église
mémoire de la faute

La mort peut-être
la plus douce saison

(Georges Bonnet)

 

 

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A nouveau seul (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



A nouveau seul
le vent s’ébruite
les herbes se taisent

Rien n’égale
la patience des pierres

(Georges Bonnet)

 

 

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Tour à tour les saisons (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



Tour à tour les saisons
libèrent le jardin

Comme l’arbre se délivre de son ombre
Comme la pleine lune s’offre
aux grillons de l’été

Comme une larme
s’abandonne à une joue

(Georges Bonnet)

 

 

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L’armée des façades (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



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L’armée des façades
Les toits en quête d’oiseaux

Des volets clos
aux couleurs difficiles

La vie entre deux pavés
dans un brin d’herbe

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Longtemps les couleurs (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

Longtemps les couleurs
nobles et paisibles
s’attardent sur la terre

Viennent le crépuscule
la fièvre la curée

Les ombres les plus fragiles
dorment déjà avec la nuit

(Georges Bonnet)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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A travers les ruines (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



A travers les ruines
les ronces d’une extrême rigueur

Sur une mare tranquille
le défi du ciel

Un cri puis un appel
Le silence se souvient

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Sur l’herbe du verger (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



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Sur l’herbe du verger
les ombres en famille

Au loin
la certitude du fleuve

La vie passe
violettes fanées
odeurs en haillons

La mémoire sans fin
rassemble ses oiseaux

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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L’isolement (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

L’isolement

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis :  » Nulle part le bonheur ne m’attend.  »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire;
Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes voeux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

(Alphonse de Lamartine)

Illustration

 

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