Arbrealettres

Poésie

LES ARAIGNEES (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2017



 

LES ARAIGNEES

Dans les maisons où les enfants meurent
Il entre de très vieilles personnes.
Elles s’asseyent dans l’antichambre
Leur canne entre leurs genoux noirs.
Elle écoutent, hochent la tête.

Toutes les fois que l’enfant tousse
Leurs mains s’agrippent à leurs coeurs
Et font des grandes araignées jaunes
Et la toux se déchire au coin des meubles
En s’élevant, molle comme un papillon pâle
Et se heurte au plafond pesant.

Elles ont de vagues sourires
Et la toux de l’enfant s’arrête
Et les grandes araignées jaunes
Se reposent, en tremblant,
Sur les poignées de buis poli
Des cannes, entre les genoux durs.

Et puis, lorsque l’enfant est mort
Elles se lèvent, et vont ailleurs…

(Boris Vian)

Illustration: Odilon Redon

 

 

2 Réponses to “LES ARAIGNEES (Boris Vian)”

  1. Lara said

    Ce tableau de Redon m’a toujours impressionnée 😦

    quel poème déchirant !!

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