Arbrealettres

Poésie

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2017



 

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure,
mais en pleine avant-scène. Oh ! j’ai mal conservé
dans ma mémoire si l’on jouait de l’Heré
ou du Donizetti : Je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
du désir s’enfoncer dans mon coeur énervé
et le désir croissait, de se voir observé.
Oh ! l’âpre volupté que le danger procure !

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous
ou j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux,
pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou ! tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
et ce baiser valait toute une nuit d’amour !

(Jean Richepin)

Illustration: Antoine Picard

 

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