Arbrealettres

Poésie

Archive for 7 mars 2017

Viens t’asseoir (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



Viens t’asseoir sur cette pierre au soleil
La lumière est d’hiver sur les landes sans fleurs —
Mais assieds-toi — car nous sommes tout seuls
Et clairs se déploient du ciel les rivages sereins

Je croirais voir avec toi dans l’herbe flétrie
Les guirlandes du printemps près d’éclore
La violette jeter peut-être un éclair timide
Les jeunes feuilles jaillir parmi les fougères

***

Come sit down on this sunny stone
Tis wintery light o’er flowerless moors —
But sit — for we are all alone
And clear expand heaven’s breathless shores

I could think in the withered grass
Spring’s budding wreaths we might discern
The violet’s eye might shyly flash
And young leaves shoot among the fern

(Emily Brontë)

 Illustration

 

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Quelle langue peut traduire l’émoi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



Quelle langue peut traduire l’émoi
Qui m’étreignait quand, dans l’exil lointain,
Sur une crête isolée m’agenouillant
J’y voyais croître la fauve bruyère.

Éparse et rabougrie, elle me disait
Que bientôt même cela ne serait plus
«Les cruels murs m’enserrent, murmurait-elle ;
J’ai fleuri au soleil de mon dernier été»

Mais il n’est point dans la musique aimée
Dont l’éveil fait se pâmer l’âme des Suisses
De charme plus déchirant et plus adoré
Que dans ses clochettes à demi flétries —

L’Esprit qui ployait sous son empire
Comme il désirait, brûlait d’être libre !
Si j’avais pu pleurer à cette heure
Ces larmes auraient été paradis —

Allons, les moments tristes sont touchants
Quoique chargés de tourment et de peine —
Viendra le jour où aimés et amants
Se retrouveront sur les collines —

***

What language can utter the feeling
That rose when, in exile afar,
On the brow of a lonely hill kneeling
I saw the brown heath growing there.

It was scattered and stunted, and told me
That soon even that would be gone
It whispered ; « The grim walls enfold me ;
I have bloomed in my last summer’s sun »

But not the loved music whose waking
Makes the soul of the Swiss die away
Has a spell more adored and heart-breaking
Than in its half-blighted-bells lay —

The Spirit that bent ‘neath its power
How it longed, how it burned to be free !
If I could have wept in that hour
Those tears had been heaven to me —

Well, well the sad minutes are moving
Though loaded with trouble and pain —
And sometime the loved and the loving
Shall meet on the mountains again —

(Emily Brontë)

 

 

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Lorsque vous sentez la souffrance (Alberto Savinio)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



Lorsque vous sentez la souffrance d’un poète,
pensez à la douleur du prisonnier,
car il brûle du désir
d’un impossible voyage

(Alberto Savinio)

Illustration: SknijKunst

 

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Ce recommencement (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



ce recommencement

je voulais te l’avouer
à travers des mots sans larmes

tandis que sous

je t’aime

une rose de l’horizon

depuis que je te connais

je porte un renoncement je porte
joues d’enfant de l’inconnu

le nom du poème

(Martine Broda)

Illustration: Salvador Dali

 

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Comme un trait brûlant (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



 

ce recommencement

comme un trait brûlant
la peau et suppliant
l’énigme désirer

ce recommencement tant

quand lasse
incline

un regard un retrait une

(Martine Broda)

Illustration: Odile Wysocki-Grec

 

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Lorsque ceux qui ont passé les douleurs (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



 

lorsque ceux qui ont passé les douleurs
se retrouvent face à face en haillons
vite ils se mettent nus
leur peau éblouie par le sang
ils se réchauffent à la grande chaleur

et c’est l’amour incroyable
bleu comme ton regard oublié
il rejaillit plus beau qu’autrefois
nous le buvons comme la vie

il guérit
des squames tombent de la plaie

(Martine Broda)

Illustration: Karen L’Hémeury

 

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Rencontre avec la peau (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



rencontre avec la peau
dans l’opéra des yeux

la perte recule en avant

arrache-toi
de moi-même

(Martine Broda)

 

 

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Saint ton malheur (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



 

saint ton malheur fond sur ma langue
rien ne couvre mes mots et je voudrais brûler
pour toi qui brûles

une violette blanche
un cierge de silence

alors je raccommode
à petits coups les pierres

(Martine Broda)

 

 

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Au fond du lac terrible (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



au fond du lac terrible
au bord du lac instant
je viens chercher mon amour
dans la bouche l’hirondelle de sa mort
immobile et ravie

suspends l’amour dans ton amour
un seul cri de mon amour
brise le verre dans tous les yeux
est le seul coup d’archet
pour qui le monde eût mérité de vivre

(Martine Broda)

 

 

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Aujourd’hui (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



 

Aujourd’hui, je suis parvenu, d’un coup,
à une sensation absurde et juste :
j’ai pris conscience, en un éclair,
que je n’étais personne.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 

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