Arbrealettres

Poésie

J’ai dit : — « Tu viendras avec moi. » (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



J’ai dit : — « Tu viendras avec moi. » — Où : et comment
palpitait mon être dolent nul ne l’a su,
pour moi il n’était point d’oeillet, de barcarolle,
mais rien qu’une blessure ouverte par l’amour.

J’ai répété comme à la mort : viens avec moi,
et nul n’a vu saigner la lune dans ma bouche,
et nul n’a vu ce sang monter vers le silence.
Amour ne pensons plus aux ronces de l’étoile

Aussi quand j’entendis ta voix qui répétait
Tu viendras avec moi » — je crus qu’elle lâchait
la douleur, l’amour, la fureur du vin captif

qui monterait du fond de sa cave inondée.
A nouveau ma bouche a senti, pierre et brûlure,
une saveur de flamme et d’oeillets et de sang.

***

 » Vendrás conmigo « , dije, sin que nadie supiera
dónde y cómo latía mi estado doloroso,
y para mí no había clavel ni barcarola,
nada sino una herida por el amor abierta.

Repetí : ven conmigo, como si me muriera,
y nadie vio en mi boca la luna que sangraba,
nadie vio aquella sangre que subía al silencio.
Oh amor, ahora olvidemos la estrella con espinas !

Pm- eso cuando oí que tu voz repetía
 » Vendrás conmigo « , fue como si desataras
dolor, amor, la furia del vino encarcelado

que desde su bodega sumergida subiera
y otra vez en mi boca sentí un sabor de llama,
de sangre y de claveles, de piedra y quemadura.

(Pablo Neruda)

Illustration: Gaëlle Boissonnard

 

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