Arbrealettres

Poésie

Archive for 15 mars 2017

Un jour (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



«Un jour, je ne sais pas pourquoi,
Mais sait-on jamais pourquoi,
Je suis devenu un arbre.»

(Georges Ribemont-Dessaignes)

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Caché dans les cultures du monde (Tomás Segovia)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017




Caché dans les cultures du monde
cultiver comme le jardin de son jardin
un nid d’épaisseur
Plonger dans le ventre du dit
jusqu’à s’enfoncer dans la chaleur obscure
qui est ventre de ce ventre
Durer là où le langage
n’est pas un son mais une fièvre

****

Toute agonie est stérile
Si tu ne peux la voir
Et si tu savais comme elle me détruit
Tandis que perdu je sens
Que l’âme toute entière est de trop

Regard stupéfait sans pouvoir surmonter
Cette douleur que je ne te dois pas

(Tomás Segovia)

Illustration: Elena Oleinik

 

 

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L’HEURE FROIDE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



 

Louis Flahaut rj9 [1280x768]

L’HEURE FROIDE
Au comte Ferdinand de Strada.

Les crépuscules du soir m’ont laissé tant de pierreries dans la mémoire,
qu’il me suffit de prononcer ces mots  » crépuscules du soir, splendeurs des couchants  »
pour évoquer à la fois les souvenirs solennels de vie antérieure et les ravissements de jeunesse enivrée.

Et puis, après le crépuscule, la douce nuit transparente
ou bien encore la bonne nuit, épaisse comme des fourrures.

Alors, à Paris, le gaz s’allume.
L’été, le gaz, brillant parmi les arbres des jardins, donne aux feuilles qu’on ne voit qu’en dessous,
des tons verts et mats de décor de féerie.
L’hiver, le gaz dans le brouillard

(Charles Cros)

Illustration: Louis Flahaut

 

 

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SONNET METAPHYSIQUE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



 

SONNET METAPHYSIQUE

Dans ces cycles, si grands que l’âme s’en effraie,
L’impulsion première en mouvements voulus,
S’exerce. Mais plus loin la Loi ne règne plus :
La nébuleuse est, comme au hasard, déchirée.

Le monde contingent où notre âme se fraie
Péniblement la route au pays des élus,
Comme au delà du ciel ces tourbillons velus
S’agite discordant dans la valse sacrée.

Et puis, en pénétrant dans le cycle suivant,
Monde que n’atteint pas la loupe du savant,
Toute-puissante on voit régner la Loi première.

Et sous le front qu’en vain bat la grêle et le vent,
Les mondes de l’idée échangeant leur lumière
Tournent équilibrés dans un rythme vivant.

(Charles Cros)

 

 

 

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CROQUIS (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



 

Albert-Joseph Pénot

CROQUIS

Beau corps, mais mauvais caractère.
Elle ne veut jamais se taire,
Disant, d’ailleurs d’un ton charmant,
Des choses absurdes vraiment.

N’ayant presque rien de la terre,
Douce au tact comme une panthère.
Il est dur d’être son amant ;
Mais, qui ne s’en dit pas fou, ment.

Pour dire tout ce qu’on en pense
De bien et de mal, la science
Essaie et n’a pas réussi.

Et pourquoi faire ? Elle se moque
De ce qu’on dit. Drôle d’époque
Où les anges sont faits ainsi.

(Charles Cros)

Illustration: Albert-Joseph Pénot

 

 

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Le peuplier veut s’élancer toujours (Philippe Jones)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



Un arbre fuselé scande le paysage de son exclamation.
Le peuplier veut s’élancer toujours, et son feuillage pépie de lumière.
Souvent à plusieurs, et côte à côte, ils se fondent en rideau.
Ils soulignent alors, comme des cils, le regard d’un étang,
ou filtrent les clins d’oeil d’un ruisseau.
C’est l’appel le plus aigu, le lien le plus vibrant
que la nature ai tracé entre terre et nuage.
Un souffle sans cesse l’habite,
et dans la plaine un clocher lui répond.

(Philippe Jones)

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RONDE FLAMANDE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



Alexandra Kirievskaya  1 [1280x768]

RONDE FLAMANDE
A Mademoiselle Mauté de Fleurville

Si j’étais roi de la forêt,
Je mettrais une couronne
Toute d’or ; en velours bleuet
J’aurais un trône,

En velours bleu, garni d’argent
Comme un livre de prière,
J’aurais un verre en diamant
Rempli de bière,

Dire qu’un roi prend quand il veut
La plus belle fille au monde
Dont les yeux sont du plus beau bleu,
Et la plus blonde,

Avec des tresses comme en a
Jusqu’aux genoux, Marguerite.
Si j’étais roi, c’est celle-là
Que j’aurais vite.

J’irais la prendre à son jardin,
Sur l’eau, dans ma barque noire,
Mât de nacre et voile en satin.
Rames d’ivoire.

Satin blanc, nacre et câbles d’or…
Des flûtes, des mandolines
Pour bercer la belle qui dort
Sur des hermines !

Hermine, agrès d’or et d’argent,
Doux concert, barque d’ébène,
Couronne et verre en diamant…
J’en suis en peine.

Je n’ai que mon coeur de garçon.
Marguerite se contente
D’être ma reine en la chanson
Que je lui chante.

(Charles Cros)

Illustration: Alexandra Kirievskaya

 

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