Arbrealettres

Poésie

Archive for 16 mars 2017

J’appelle poésie (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

J’appelle poésie cette intrigue de l’infini
où je me fais auteur de ce que je vois, de ce que j’entends.
Musique et pensée.
Poignée d’images dans la brume.
Vallées qui serpentent.
Pourquoi faudrait-il que la mort
soit la religion absolue ?
L’oeil habillé d’une paupière
n’est pas dans la tombe.
D’ailleurs,
placé en ce lieu de parole qui fait parole,
rien ne meurt qui a commencé.

(Pascal Boulanger)

 Illustration

 

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Depuis que la lumière (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Depuis que la lumière
créa l’oeil pour être vu
la rose a souci
d’elle-même

(Pascal Boulanger)


Illustration: Salvador Dali

 

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SAN MARTINO DEL CARSO (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



SAN MARTINO DEL CARSO

De ces maisons
il n’est resté
que quelques
moignons de murs

De tant d’hommes
selon mon cœur
il n’est pas même
autant resté

Mais dans le cœur
aucune croix ne manque

C’est mon cœur
le pays le plus ravagé

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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Air marin (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Air marin

Pour toi je serai l’air marin qu’on ne voit pas,
Tu me respireras et tu verras la mer.
Et voile je serai que personne ne voit,
Tu me respireras et tu verras la mer.
Une voile : là-bas est ma demeure.
Et tu viendras habiter sur la mer
En moi. En moi. Sur le petit bateau qui ne se voit pas,
Tu me respireras et tu verras la mer.
Deux vagues se fondront en une et chercheront
Les trésors précieux sur le fond de la mer ;
Et où sera le temps ? En temps voulu va disparaître
Tout ensemble avec nous au fond de la mer.

(Avrom Sutzkever)

Illustration: Kazuya Akimoto

 

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Extase (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Extase

Lorsque les yeux fermés
J’ai écrit un poème, tout à coup
Ma main a été brûlée,
Et quand je suis parti
de ce feu noir,
Le papier a respiré
Un nom comme un lys : Dieu.
Mais ma plume, dans la crainte et l’émerveillement,
a percé le mot
Et écrit à la place
Un mot plus familier : l’Homme.

Depuis lors, une voix inconnue
Me hante comme un oiseau invisible
Qui picore, picore contre la porte de mon âme :
Est-ce pour cela que tu m’as échangé ?

(Avrom Sutzkever)

 

 

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Écrit sur une lamelle d’un wagon (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Écrit sur une lamelle d’un wagon

Si un jour quelqu’un doit trouver des perles
enfilées sur une ficelle de soie rouge-sang
qui, près de la gorge, courent aux plus minces des jours
comme le chemin propre de la vie jusqu’à qu’il s’en aille
quelque part dans un brouillard pour ne pas être vu,

Si quelqu’un doit trouver ces perles
Dites-lui comment –froides, distantes -elles ont illuminé
les dix-huit ans, de la danseuse de Paris,
au cœur impatient, Marie.

Maintenant, traîné à travers la Pologne inconnue –
Je lance mes perles à travers la grille.

Si un jeune homme les trouve
Que ces perles ornent sa petite amie.
Si une fille les trouve
Qu’elle les porte, elles lui appartiennent.
Et si elles sont trouvées par un vieil homme
laissez-le, pour ces perles, réciter une prière.

(Avrom Sutzkever)

 

 

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Jour de réconciliation (Gerrit Achterberg)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Jour de réconciliation

Le saint survient. J’ai touché
les frontières de Dieu et de l’homme et de l’animal.
Le voile se fend. Le saint est là.
Le saint des saints s’éveille

Je suis rendu identique à vous.
Vie et mort ne sont plus entrebâillés.
Les parois des quatre régions célestes
pivotent et s’ouvrent. Vous êtes décrochée

du papier qui vous tenait liée
aux lettres, qui étaient rassemblées
pour ce qu’elles savent de vous diversement ;

jeu par soi-même animé en bruissant
jusqu’à tant de feu, que nulle fibre ne reste
entre ce qui est et ce qui écrit là-dessus.

***

Verzoendag

Het heilige gebeurt. Ik heb graakt
grenzen van God en mens en dier.
Voorhangsel scheurt. Het heilige is hier.
Het heilige der heilige ontwaakt.

Ik word geheel met u gelijk gemaakt.
Leven en dood staan niet meer op een kier.
De wanden draaien open van de vier
hemelgewesten. Gij zijt losgehaakt

van het papier, dat u gebonden hield
aan lettertekens, die tesamen stonden
om wat zij wisselend van u bevonden ;

spei door zichzelve ritselend bezield
tot zoveel vuur, dat er geen vezel blijft
tussen wat is en wat er over schrijft.

(Gerrit Achterberg)

Illustration : Sandrine Genet

 

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Laissez-moi… (Gerrit Achterberg)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Laissez-moi…

Laissez-moi vous réduire à un chant,
qui sera dedans en sûreté,
votre jubilation sans nom,
afin qu’elle soit disponible
lorsque je ne saurai plus distinguer
qui je suis parmi les gens.

***

Laat mij…

Laat mij u tot een lied herleiden,
dat er in zal geborgen zijn,
uw nameloos verblijden,
opdat het zal voorhanden zijn
als ik niet meer kan onderscheiden
wie ik tussen de mensen ben.

(Gerrit Achterberg)

 

 

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N’êtes-vous pas songeur ? (Taira no Kanemori)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

Amoureux

Je sais feindre
Mais la couleur de mon visage
Trahit mon amour.
N’êtes-vous pas songeur ?
Me demande-t-on parfois.

(Taira no Kanemori)

Illustration

 

 

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En haut sur la cime (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

En haut sur la cime
Le jardin entier est lune,
Lune d’or.
Plus précieux le frôlement
De ta bouche dans l’ombre.

(Jorge Luis Borges)

Illustration

 

 

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