Arbrealettres

Poésie

Quel nom donner à ce langage (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Toujours les mots nous font imaginer l’être où ne se
trouve que la simple réalité.

Quel nom donner à ce langage qui pourrait s’en tenir
à la pauvreté du réel ?

Quel nom donner à ce langage qui saurait parler de
ce qui n’est pas ?

***

Un langage du réel, en sa nudité, sa simplicité
natives. Un langage d’avant la connaissance du bien et du mal.

Un langage affranchi de toute vérité. Témoin seulement d’une présence.

Des mots pour ne rien dire. Pour dire précisément ce rien.

***

Les mots du langage ordinaire veulent toujours, malgré nous, trop en dire.
Mais ces mots-là, que nous diraient-ils ? Étrangement muets. Comme les choses.

Des mots qui seraient là. Un grouillement d’existence, sous nos yeux. Imperceptible.

Un langage d’avant la tentation de l’être.
Non plus ce discours délirant qu’invente notre angoisse.

***

Voici tant de siècles que le discours de l’être nous tient prisonniers en sa caverne.
Nous sommes tellement habitués à ses ombres et ses clartés.
Nous en avons oublié l’immensité nocturne du ciel.

Maintenant, simplement faire silence.
Nous laisser saisir par le silence des choses.

Entrer dans cette nuit sans peur.
Accepter que chaque corps, chaque instant reposent en cette obscurité.

(Gérard Pfister)

Illustration: René Magritte

4 Réponses to “Quel nom donner à ce langage (Gérard Pfister)”

  1. jean-baptiste besnard said

    Je ne déborde pas d’enthousiasme

  2. Oui mais il ne faudrait pas que ce « nouveau langage »ne soit qu’une réflexion sur l’écriture, que le poète ne cherche plus qu’à tenter de comprendre pourquoi et comment il écrit. Nous avons connu la dérive du « Nouveau Roman » qui s’appliquait à être le « roman de l’écriture » plus que « l’écriture d’un roman », en supprimant plus ou moins personnages, intrigue. S’il a produit quelques oeuvres intéressantes, il a néanmoins fini dans un cul-de-sac. Que le poète s’interroge sur le bien-fondé et les mécanismes de son art, rien que de plus normal mais que cela n’aboutisse pas à une trop grande sécheresse ou au galimatias abscons et confus de la plupart de nos  » grands » poètes contemporains (il faudrait les citer presque tous), imbus de linguistique, ce merveilleux moyen d’analyse de textes que j’ai beaucoup pratiqué mais qu’ils ont mal compris, pourtant si chers à nos critiques autorisés et à ces fameuses grandes maisons d’éditions ( Gallimard, Actes Sud, pour ne pas les citer) Certes, il paraîi si ridicule maintenant d’évoquer les fleurs et les petits oiseaux qu’ils préfèrent ce salmigondis que je compare aux horreurs qu’on nous présente sous l’appellation d’art contemporain, en peinture ou en sculpture (mais peut-on continuer d’utiliser ces termes en l’occurrnce. Après, on s’étonnera que le lecteur n’ait pas mon courage (car je l’ai) d’affronter ces jungles quasi infranchissables sans sabre d’abattis. Je reconnais que, par contre, Gérard Pfister que je n’avais pas le plaisir de connaître, use d’une écriture élégante, claire, parfaite. Ses textes ne me déplaisent pas mais ne me comblent pas toujours sur le plan du contenu.

    • arbrealettres said

      Je vois ce que tu veux dire!
      Un peu aussi comme l’art contemporain en Peinture ou même en musique!!
      Dérive dans ces « recherches »…
      Mais pas trop avec Gérard Pfister je trouve, j’aime bien le fond et la forme (((-:

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