Arbrealettres

Poésie

Archive for 20 mars 2017

Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017


benoit-extase

Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »?
Alors blottis-toi sur le seuil –
Le Rouge – est la teinte commune du Feu –
Mais lorsque le vif Minerai

A surmonté l’épreuve de la Flamme –
Il frémit au sortir de la Forge
Sans autre couleur que la Lumière
Du Brasier non consacré –

Le moindre Village, est fier d’avoir son Forgeron –
Son Enclume dont le son égal
Est le symbole de la Forge plus subtile
Qui sans bruit travaille – au dedans –

Affinant avec Brasier, et Marteau
Ces impatients Minerais
Jusqu’à ce que la Lumière choisie
Répudie la Forge –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un grand Espoir s’écroula (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Un grand Espoir s’écroula
On ne perçut aucun bruit
Au-dedans était la Ruine
Ô Naufrage sournois
Qui ne se Trahit pas
Et n’admit nul Témoin

L’esprit bâti pour une Charge immense
Conçu pour la tourmente
Sombrant en Mer tant de fois
Et sur Terre, ostensiblement

Un refus de m’avouer la blessure
Et tant elle s’élargit
Que toute ma Vie s’y engouffra
Autour, ce n’étaient que failles –

Rabattu le simple couvercle qui bâillait au soleil
Jusqu’à ce que le tendre Menuisier
A jamais le cloue –

***

A great Hope fell
You heard no noise
The Ruin was within
Oh cunning Wreck
That told no Tale
And let no Witness in

The mind was built for mighty Freight
For dread occasion planned
How often foundering at Sea
Ostensibly, on Land

A not admitting the wound
Until it grew so wide
That all my Life had entered it
And there were troughs beside –

A closing of the simple lid that opened to the sun
Until the tender Carpenter
Perpetual nail it down –

(Emily Dickinson)


Illustration: Jacob-Peter Gowi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce n’était pas la Mort (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
Je sentais – ramper – des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire –

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit –

Quand tout ce qui tictaque – stoppe –
Et que partout – bée l’espace –
Ou que l’Affreux gel – aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant –

Mais surtout, le Chaos – Sans bornes – froid –
Sans une Chance, ou un espar –
Ni même l’Annonce d’une Terre –
Pour justifier – le Désespoir.

(Emily Dickinson)


Illustration: Sabin Balasa

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Peut-être étais-je trop gourmande (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Peut-être étais-je trop gourmande —
Il me faut — des ciels à tout le moins —
Car les Terres, foisonnent autant
Que les Baies, dans ma Ville natale —

Mon Panier ne contient — que — des Firmaments —
Ceux-là — à mon bras — aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont – Accablants.

***

Perhaps I asked too large —
I take — no less than skies —
For Earths, grow thick as
Berries, in my native Town —

My Basket holds —just — Firmaments —
Those —- dangle easy — on my arm,
But smaller bundles —

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Le rien (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Par dons modestes et mots entravés
Le cœur humain apprend
Le rien —
«Rien» est la force
Qui rend le Monde neuf —

***

By homely gifts and hindered words
The human heart is told
Of nothing —
« Nothing » is the force
That renovates the World —

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je te vois mieux — dans la Nuit — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Je te vois mieux — dans la Nuit —
Nul besoin de Lumière —
Mon Amour pour Toi — est un Prisme —
Plus vif que le Violet —

Je te vois mieux avec les Ans
Qui dressent leur monticule —
Brille — la Lampe du Mineur —
Et la Mine s’annule —

Mieux que partout je Te vois — dans la Tombe —
Ses Panneaux étroits
S’illuminent — Tout vermeils — de la Lampe
Que je tins si haut, pour Toi —

Qu’ont-ils besoin de Jour —
Ceux dont la Nuit — possède — un Soleil si splendide —
Qu’il s’estime être — Sans cesse –
À son Zénith?

***

I see thee better — in the Dark —
I do not need a Light —
The Love of Thee — a Prism be —
Excelling Violet —

I see thee better for the Years
That hunch themselves between —
The Miner’s Lamp — sufficient be —
To nullify the Mine —

And in the Grave — I see Thee best —
It’s little Panels be
Aglow —All ruddy — with the Light
I held so high, for Thee —

What need of Day —
To Those whose Dark — hath so — surpassing Sun —
It deem it be — Continually —
At the Meridian ?

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Aurore (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017




L’Aurore est l’effort
De la Face Céleste
Pour à Nos yeux feindre
L’Ignorance du parfait.

(Emily Dickinson)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’aime un regard d’Agonie, car je sais qu’il est vrai (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



J’aime un regard d’Agonie,

Car je sais qu’il est vrai –

On ne singe pas la Convulsion,

On ne feint pas, des Affres –

L’œil se fige d’un coup – et c’est la Mort –

Impossible de simuler

Les Perles sur le Front

Par la fruste Angoisse enfilées.

(Emily Dickinson)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 1 Comment »

Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :